Mateo aime le rose et sa mère Libertad. Mais un jour, dans ce monde à deux voix, on annonce à Mateo qu’il souffre d’un cancer. On attendait beaucoup de ce fifou de Eduardo Casanova, qui avait lâché il y a quelques années Pieles, une des productions Netflix les moins Netflix-compatibles imaginables: sous le glucose, le freaks était roi. Ici, la fascination de la laideur, l’amour des cicatrices, des relations torves, du rose et du noir explosent à nouveau de partout, mais avec, semble t-il, moins d’ambition, de budget et d’inspiration.
Quelque part entre Santa Sangre (pour l’œdipe baroque) et Faux Semblants (pour la fusion interdite), ce huis clos mère/fils tente l’impossible: renouer avec le surréalisme éléphantesque des grands foufous ibériques (Buñuel, Arrabal, Almodovar première période, Luna…), mettant sur le même plan une relation filiale toxique et la dictature nord-coréenne! Why not sur le papier, si ce n’était pas superposé aussi artificiellement au reste du récit, hélas assez pauvre malgré la multiplication de scènes chocs (vagin urinant en gros plan, accouchement monstrueux, infanticide, vomi et trépanation) et la présence de Angela Molina, la seconde Conchita de Cet obscur objet du désir. Bien que surfait et frustrant, c’est si peu banal que ça vaut le coup d’œil. J.M.
| De Eduardo Casanova Par Eduardo Casanova Avec Ángela Molina, Manel Llunell, Ana Polvorosa Titre original La piedad |