Hello, I’m Isabelle Huppert incognito à Cannes. Lors d’un voyage d’affaires au Festival de Cannes, Manhee est accusée de malhonnêteté par sa patronne, et licenciée. Claire se balade dans la ville pour prendre des photos avec son Polaroïd. Elle fait la rencontre de Manhee, sympathise avec elle, la prend en photo.
Call me Claire like, you know, in the Rohmer’s movie? Voilà donc la fantaisie de HSS que la Huppert a tournée avec le plus Rohmerien des réalisateurs sud-coréens au Festival de Cannes il y a quasi deux éditions. Évidemment, tout a été écrit sur un coin de table, à l’arrache, comme un pari surréaliste, et cette envie de faire du cinéma dans le cadre du plus grand festival de cinéma au monde, pas de doute, c’est charmant. Cette perspective a évidemment plu à HSS qui sait si bien capter tant de choses essentielles avec trois fois rien et à la Huppert, bucheuse qui est toujours partante pour les projets aventureux. De quoi rappeler qu’un film peut se monter et se faire avec rien: un pitch confetti + Huppert avec un chapeau choppé au Monop et un appareil photo emprunté + Hong Sang-Soo (dans son propre rôle) + la sublime Kim Min-Hee + un gros chien + un tunnel de la plage au pouvoir magique.
Visible l’année dernière au Festival de Cannes, La caméra de Claire était amusant à regarder dans ce contexte-là tant le festivalier pouvait à loisir reconnaître des lieux connus (oh tiens, c’est la gare! Oh tiens, c’est là où Michel Ciment s’est fait couper les tifs en 1989!) et, en sortant, l’on avait presque envie de retrouver Bob, le toutou star du long métrage, pour lui faire un gros câlin. Mais des mois plus tard, sous la flotte et/ou dans le froid, on se demande qui, à part le fan hardcore de HSS ou de Huppert, peut se passionner pour un objet si inconsistant, sans éclair de folie ni coup de génie? Seuls les plus indulgents se contenteront d’une douceur bien apaisante dans l’horreur du monde. Mais combien sommes-nous?

