Toc-toc-badass-boum. Jack Reacher est de retour, prêt à tout pour obtenir justice. Susan Turner, qui dirige son ancienne unité, est arrêtée pour trahison : Jack Reacher ne reculera devant rien pour prouver l’innocence de la jeune femme. Ensemble, ils sont décidés à faire éclater la vérité sur ce complot d’État.
Il revient, il est trop content. Le premier volet réalisé en 2012 et signé Christopher MacQuarrie avait fait plutôt bonne impression, lourdé il est vrai d’une intrigue tarabiscotée mais hommage très sympa aux séries B des années 70 avec Tom Cruise en héros fatigué, Rosamund Pike en divine révélation et Werner Herzog en super méchant. Est-ce que le second volet creuse la même veine agréablement désuète? Oui, mais dans un bap-trip hollywoodien avec un réalisateur aveugle aux commandes: Ed Zwick, cinéaste impersonnel qui aligne les plans comme un fonctionnaire tamponne des formulaires. Si le cinéphile et érudit MacQuarrie, indisponible pour cause de Mission Impossible 5, renvoyait aux thrillers paranoïaques des années 70 avec de fulgurants moments de bravoure, le faiseur Zwick lorgne, lui, du côté des mauvais thrillers d’action désincarnés des années 90 qui nous faisaient déjà horreur au moment de leur sortie en salles. La vérité, c’est que le studio Paramount n’a pas dû voir d’un bon œil tout ce qui faisait agréablement tache dans le premier volet qui, rappelons-le, devait lancer une franchise à la Mission Impossible et n’avait pas atteint les objectifs escomptés au box-office. La suite, au départ annulée en raison des mauvais scores et du héros antipathique, ne pouvait avoir lieu que si on reprenait tout depuis le début avec héros plus humain et intrigue comme forme plus policées. D’où ce fâcheux produit au mauvais goût.
Vrai troupeau de pachydermes, Jack Reacher Never Go Back s’avère donc une douloureuse compromission sur toute la ligne où Tom Cruise ne bande plus, où la side-kick se révèle ultra-masculinisée pour éviter toute tension sexuelle (pauvre Cobie Smulders, si fun dans la série How I Met Your Mother et ici aussi sexy que Demi Moore dans A armes égales de Ridley Scott) et, last but not least, où une mioche plus insupportable que la fille de Jack Bauer dans la série 24 Heures Chrono vient noyer cette MichaelBayzerie dans la niaiserie achevée (dis donc, et si le froid et inflexible Jack avait un cœur de papa?). Bref, de la même façon que l’on n’en peut plus des courses-poursuites pendant un carnaval (Spectre de Sam Mendes aurait dû servir de leçon), on supporte difficilement ces deux heures ringardes, flinguant par ailleurs tout le potentiel d’une franchise au départ politiquement incorrecte et au final juste plus conne qu’une valise sans poignée.

