[critique] Hair high de Bill Plympton

Rod, le quarterback, et Cherrie, la pin-up, forment « le couple » que tous aiment, craignent et admirent au lycée d’Echo Lake. Lorsque Spud le nouveau, timide et maladroit, tente de s’attirer la sympathie de ses camarades il commet l’irréparable et provoque la colère de Rod. Il devient alors l’esclave de Cherrie et devra satisfaire ses moindres désirs. Ils se détestent aussitôt. Mais Cherrie restera-t-elle aussi insensible que le croit Rod ? Et Spud se laissera-t-il éternellement faire sans rien dire ?

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, chaque dessin animé de Bill Plympton est un régal d’inventivité rigolote et de drôlerie trash. Pour public adulte, donc, oui, mais public avide de délires surréalistes, surtout. Dans sa filmographie, son dernier Hair high serait plus à ranger du côté de The tune que de L’impitoyable lune de miel. En apparence (et en apparence seulement), le film fait mine de recycler les conventions du cartoonist et arrive sans peine à séduire parce qu’on y retrouve tout ce qu’on aime. En réalité, il tord le cou aux clichés d’un genre très précis : le teenage movie avec son cortège de mauvais garçon, de souffre-douleur, de flirts primesautiers et de bals de fin d’année. En châtiant comme personne les règles de la bienséance, Bill, non content d’appuyer là où le puritanisme ricain fait mal, mue une bluette sentimentale en un concentré cynique roboratif.
Son dernier opus, sorte de Carrie version Haispray trash, cul et gore, provoque une euphorie durable et devrait amuser les néophytes auxquels on conseille volontiers de découvrir les précédentes œuvres du monsieur. En l’état, malgré un épilogue inutilement étiré, Plympton (plus féroce et déjanté que jamais) signe par ailleurs une œuvre personnelle dans laquelle il passe en revue toutes ses références ciné (De Palma, Svankmajer, Waters, nommément cités).

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