« Flee » de Jonas Poher Rasmussen: le documentaire animé de toutes les surprises

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Documentaire animé racontant le périple d’un jeune homosexuel afghan fuyant les troubles de son pays natal pour le Danemark, Flee de Jonas Poher Rasmussen sort en salles ce mercredi.

Un film qui veut rendre un visage humain aux migrants et rappeler qu’être réfugié n’est pas une identité. Le documentaire animé réalisé par Jonas Poher Rasmussen résonne fort alors que des millions d’Ukrainiens sont aujourd’hui sur les routes de l’exode, avec une porte européenne beaucoup plus ouverte que pour d’autres migrants et avec le retour au pouvoir des talibans à Kaboul l’été dernier. Il s’articule autour d’une conversation entre le réalisateur de 40 ans et son ami d’enfance – rebaptisé « Amin » dans le film – venu il y a 25 ans, alors qu’il était adolescent, s’installer seul dans un petit village à la campagne non loin de Copenhague. Dans les années 80 et 90, enfant revêtant les robes de sa sœur puis adolescent fantasmant sur la musculature de Jean-Claude Van Damme, « Amin » ne pouvait exprimer librement son homosexualité, une contrainte qui a culminé avec la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan en 1994. Arrivé au Danemark vers 1996, il n’osait ensuite pas raconter sa vie et s’est bâti une armure qui l’empêchait de s’ouvrir aux autres. Désormais marié et propriétaire d’une maison dans ce pays, « Amin » est ravi que son anonymat renforcé par le recours à l’animation lui permettre de vivre incognito sans que tout un chacun connaisse les traumatismes de sa jeunesse et les atermoiements de sa vie d’adulte, selon son ami cinéaste. 

Rien n’a été simple ni évident: le projet a évolué de bien des façons lors du long (presque 10 ans) processus de conception et de réalisation. Alliant 2D classique et fusain aux images d’archives (un mélange qui au départ déconcerte, voire tient à distance, et qui finit par porter ses fruits), le résultat, qui n’a pas peur de surligner ses effets pour être le plus accessible (sa limite), se veut une réflexion sur les affres de la fuite autant que sur la quête d’une place dans le monde, un thème universel, captant assez joliment des impressions subjectives de manière fugace et en même temps suffisamment évocatrice. Vraie découverte, à défaut d’être une vraie révélation, Flee sort ce mercredi dans les salles françaises le 31 août. T.A.

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