Keith Thomas (« Firestarter ») ne veut réaliser que des films d’horreur

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Réalisateur de Firestarter, nouvelle adaptation de Stephen King en salles le 1er juin, Keith Thomas nous explique pourquoi il a mis autant de temps avant de réaliser des films (d’horreur).

PARCOURS
«J’y suis arrivé assez tard. J’ai déjà passé la quarantaine. J’ai une famille et une vie différente. J’ai commencé à m’intéresser à la mise en scène de cinéma à la fac. J’en rêvais, mais je ne me voyais pas y arriver. Donc j’ai fait des études pour préparer à la médecine avant de changer de parcours pour essayer de devenir un rabbin. Là aussi, je ne suis pas allé au bout, mais j’ai quand même fait un master que j’ai soutenu sur le thème des monstres dans la torah (les nephilim, et les autres monstres bibliques). Donc, j’avais déjà un pied dans l’horreur. Quand j’ai fini, je me suis rendu compte que ce n’était pas le bon chemin non plus. Ma foi n’était pas aussi forte que je le pensais. Je suis retourné à la médecine et j’ai travaillé dans la recherche clinique sur les enfants asthmatiques. J’ai fait ça pendant dix ans auprès de gens dans des maisons de santé atteints de démence et d’Alzheimer. J’ai écrit des romans dont certains ont été achetés à Hollywood. Lorsqu’on m’a demandé d’écrire des scénarios, j’ai appris comment faire. Ça m’a pris 8 ans. J’ai pu vendre deux scénarios et construire une expérience qui m’a permis de quitter mon travail alimentaire. Et en 2017, j’ai décidé qu’il était temps de faire un film, mais je ne savais pas comment, en dehors de l’écriture. Donc j’ai fait un court métrage que j’ai écrit, produit et dirigé. En cinq mois, j’ai appris beaucoup. Le film a généré une certaine attention à Hollywood qui a abouti à ce que je réalise The Vigil, mon premier long métrage.»


CINÉPHILIE
«Mes parents étaient divorcés et un week-end sur deux j’allais voir mon père. Il habitait à une heure de là où j’habitais avec ma mère. Sur la route, on s’arrêtait la nuit à un video store. Et il nous laissait choisir tout ce qu’on voulait mon frère et moi. On prenait toujours les films de SF, d’action ou d’horreur. Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours gravité autour du genre. Peut-être que le premier que j’ai vu était Alien quand j’avais 10 ans. Très vite, ça a mené à L’exorciste et à Shining et tous les classiques. Puis avec le lycée et la fac, j’ai exploré les films plus obscurs. Juste après le lycée, j’ai publié un fanzine qui était distribué chez Tower records. Je me spécialisais dans les films B européens, les films de Jean Rollin. J’en ai vu des centaines. Je les ai digérés en même temps que je lisais beaucoup de romans d’horreur, à commencer par Lovecraft à Stephen King. C’est devenu mon principal centre d’intérêt. Et finalement ça m’a pris 40 ans pour trouver cette voie et ce style qui sont les miens. Et quand il a été temps de réaliser un film, il s’est trouvé que c’était un film d’horreur. Firestarter est aussi un film d’horreur. C’est ma vocation.»


CROYANCE
«Ce que je crois, c’est que l’horreur, dans sa forme pure, a besoin d’un élément surnaturel. Si vous étiez un vrai athée convaincu et que vous tentiez de réaliser un de ces films, vous pourriez y arriver, mais il vous faut quand même un petit quelque chose pour l’apprécier. Je sais que Friedkin est religieux. Ce que je trouve fascinant dans L’exorciste que j’ai dû voir des dizaines de fois, c’est que les premières vingt minutes au Moyen-Orient sont presque sans paroles. C’est très ambigu parce que vous devez comprendre comment ça va se relier à la suite. Et le second acte, où les médecins sont en train de chercher ce qui peut dysfonctionner chez Regan/Linda Blair, c’est presque plus horrible que ce qui arrive plus tard, parce que c’est déroutant. C’est dans cette partie que la plupart des gens s’évanouissent quand le sang coule de son cou. J’adore cette façon d’essayer d’expliquer ce qui n’a pas d’explication. On y apporte une caution scientifique. Mon cerveau fonctionne de cette façon, ça me fascine.» Propos recueillis par G.D.

Firestarter de Keith Thomas, avec Zac Efron, Ryan Kiera Armstrong, Sydney Lemmon, en salles le 1er juin.

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