« Entergalactic » de Kid Cudi: tourner un film d’animation comme on compose un album, à la croisée des arts et des genres

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20 ans de carrière, plus de 20 millions de disques vendus à travers le monde, et toujours envie d’apprendre et de créer. Kid Cudi étend son art à la création cinématographique avec un film d’animation gadget, conçu comme une série, mais ayant depuis revu ses ambitions à la baisse, qui se regarde comme on écoute un (bon) album. Superficiel et léger.

Kid Cudi sur tous les fronts. La sortie de son album Entergalactic s’accompagne d’un film d’animation que l’artiste polyvalent, de son vrai nom Scott Ramon Seguro Mescudi et vu récemment comme acteur dans X de Ti West, a scénarisé, que Kenya Barris (Black-ish, 2014) a produit et que Fletcher Moules a réalisé pour Netflix. Drôle de projet, donc, décrit par la star comme «une love story analogique dans un monde numérique», à ranger avec les trips Electroma des Daft Punk et The Third Day qui dépassait son simple statut de six épisodes de série TV pour étendre son univers en un épisode spécial inoubliable (The Third Day: Autumn), mélangeant happening halluciné, théâtre filmé, slow tv et cinéma collectif. Le Entergalatic est à ranger dans cette même catégorie, à la croisée des genres et des arts, même si son ambition est moindre et la fascination qu’il suscite moins durable.

De quoi ça parle? L’histoire d’un mec qui plane, qui rêve, qui butine, qui tombe amoureux et qui ne sait plus si cela vaut la peine de s’engager et d’aimer. Un jeune artiste qui tente de trouver un équilibre entre amour et succès, après son emménagement dans l’appartement de ses rêves à New York qui lui permet de faire la connaissance de sa nouvelle voisine, une jolie photographe. En découle une comédie romantique rap au graphisme psychédélique, tout en chapitres et en couleurs vives, qui finit par manquer un peu de substance (ce qui était présenté comme une série est devenu un simple film et on comprend un peu pourquoi). Mais qui, sous ses airs cool, raconte mine de rien quelque chose des amours actuelles, des liens humains et de la solitude contemporaine. Bref, ça passe tout seul (1h30 et des poussières), ça tente de jolies choses, loin des standards et des schémas balisés, et ça annonce de prometteuses prémisses avant son Teddy, le long métrage qu’il prépare pour Netflix (« C’est comme si j’avais pris la chanson Pursuit of Happiness et que j’en avais fait une comédie », a-t-il déclaré en guise de description). Quiconque a vu le futur sait à quel point il ressemble à Kid Cudi. A.V.

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