[CRITIQUE] CREATIVE CONTROL de Benjamin Dickinson

Google premier. New York, futur proche, David, jeune cadre branché aux allures de hipster (Dickinson lui-même), prépare le lancement de lunettes révolutionnaires, sorte de version très sophistiquée des Google Glass, qui confondent réel et virtuel: la réalité augmentée. Afin que ce produit cartonne, il fait appel à un artiste-performer afro-américain polyvalent et illuminé. Mais lors de la phase test, tout commence à se brouiller entre sa vie publique, privée et imaginaire…

L’anti-Her. En surface, Creative Control ressemble à un épisode de Black Mirror avec son mélange de satire contemporaine et de drame futuriste, sa réflexion sur le voyeurisme, le narcissisme et aussi toutes les additions modernes. Dickinson se moque gentiment de notre monde régi par Apple, débordant d’amants dépressifs comme autant de désirs manufacturés sur commande ainsi que des liens pervers qu’entretiennent le réel et le virtuel. En substance, le nom de Woody Allen surgit. Puis celui de Kubrick. Puis celui de Antonioni. Puis celui de…
Certes, on apprécie pendant un petit moment ce mélange hybride et agréablement désuet d’indépendant et de futurisme, d’autant que les productions aventureusement chaos ne courent pas les salles de cinéma actuelles. Avant de trouver que les maladresses de mise en scène et les trop nombreux emprunts prennent nonobstant le pas sur la séduction initiale. Par exemple, était-ce bien nécessaire de céder à la tentation très 2.0 d’afficher les textos à l’écran – rien de moins cinématographique que cette solution du pauvre? Ou encore dans la direction artistique se complaisant dans un univers clinique au cas où vraiment on n’aurait rien compris. C’est le sujet, certes, mais c’est trop au diapason, trop «ton sur ton», trop «noir et blanc sur noir et blanc». Ça fait vraiment «film sur l’imagination» pour ceux qui en manquent, et quand apparaît la couleur de l’avatar numérique, l’astuce parait fabriquée. A l’image de la morale un peu feignassou-prévisible en guise de conclusion. Heureusement, Dickinson a de l’humour – il se moque avant tout de lui-même, comme ce cher Woody. Et on a quand même envie de savoir de quoi son avenir sera fait. Comme le nôtre, d’ailleurs.

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Date de sortie 9 novembre 2016 (1h 37min) / De Benjamin Dickinson / Avec Benjamin Dickinson, Nora Zehetner, Dan Gill / Genre Drame / Nationalité Américain[CRITIQUE] CREATIVE CONTROL de Benjamin Dickinson
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