« Bottoms » de Emma Seligman: le petit phénomène indé de 2023 débarque sur Prime

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Vendu comme le petit phénomène du ciné indé US, Bottoms de Emma Seligman débarque en direct-to-VOD sur Prime dès le 21 novembre (à défaut d’une sortie dans nos salles). À la hauteur de sa réputation?

Si on n’avait pas spécialement crié au génie à la vision de Shiva Baby, son premier long métrage, on pouvait lui reconnaître une énergie poil à gratter assez réjouissante. Rattrapée par Orion Pictures ressuscitée il y a peu, la réalisatrice Emma Seligman se retrouve plongée direct dans les affres de la teen comedy avec Bottoms, dont la promo assurait un renouveau transgressif à la Heathers, tout en calculant savamment ses héritiers (l’affiche elle-même est un mélange de celles de Nerds et de Breakfast Club).

Tel un film A24 (pas touuuuuuuuus, mais vous avez compris le deal), le soufflet est hélas retombé assez vite: en France, c’est case directos vod; aucun distributeur ne voulant probablement s’embarrasser d’un «lesbian gore teen movie». Sur le papier, les sentiments se mélangent, encore plus à l’écran: deux lycéennes lesbiennes affirmées rêvent de coucher avec les reines du lycée, qu’elles soupçonnent être fortement attirées en secret par la gent féminine. Pour se défaire d’une sanction absurde, les deux nigaudes ne trouvent rien de mieux que d’ouvrir un club d’auto-défense aux allures de Fight Club. Sous couvert de féminisme bon teint, elles cherchent bien sûr à sauver leur peau et à soulever les deux queens, qui se sont bien évidemment intégrées au groupe. Là comme ça, remplacez le duo de butch par deux puceaux en rut, et on ne verrait pas la différence…

Bien huilé, rythmé, fun (sans être à se claquer le front sur le sol), Bottoms déçoit surtout dans ses enjeux principaux, qui ne bousculent pas tant que ça les codes du teen movie: le rise & fall, la romance impossible finalement très possible, les freaks bien en place et les footballeurs idiots (pourquoi le capitaine de l’équipe est-il dépeint comme une folle furieuse alors qu’il couche avec toutes les filles à sa portée?), jusqu’au casting bien trop âgé (les comédiens ont quasiment tous la trentaine!). Comme pour les récents Fire Island et Bro, qui entendaient secouer le cocotier du ciné gay et de la rom-com pour en reprendre les mêmes voies ronflantes, Bottoms applique l’air de rien le même cahier des charges. Et autant dire que côté émotion et dimension politique, ça traîne la patte. MAIS on est en droit d’être davantage surpris par l’arc dudit Fight Club, avec une violence graphique très présente explosant lors d’un final surréaliste, bizarroïde et assez inconscient façon Kick Ass, où le jeu de massacre devient subitement réel. Rien que pour ça, Bottoms s’extirpe soudainement du tout-venant et attise une vraie sympathie. J.M.

21 novembre 2023 sur Amazon Prime Video /
1h 32min / Comédie
Réal: Emma Seligman
Scn: Emma Seligman, Rachel Sennott
Avec Rachel Sennott, Ayo Edebiri, Ruby Cruz

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