[CRITIQUE] ANTIVIRAL de Brandon Cronenberg

La communion des fans avec leurs idoles ne connait plus de limites. Syd March est employé d’une clinique spécialisée dans la vente et l’injection de virus ayant infecté des célébrités. Mais il vend aussi ces échantillons, pour son propre compte, à de puissantes organisations criminelles. Sa méthode pour déjouer les contrôles de la clinique : s’injecter les virus à lui-même… Mais ce procédé va s’avérer doublement dangereux : porteur du germe mortel ayant contaminé la star Hannah Geist, Syd devient une cible pour les collectionneurs…

Un « antiviral » est, par définition, une molécule destinée à agir contre la multiplication d’un virus. Il est donc administré en cas d’infection virale. Ici, c’est une métaphore de la quête de célébrité. Elle est racontée à travers le parcours (glauque) d’un employé de clinique spécialisé dans la vente et l’injection de virus cultivés sur la peau de célébrités à des fans. Très vite, on apprend qu’il vend illégalement des échantillons de ces virus à des groupes criminalisés après les avoir introduit dans son propre corps. De la même façon que la fille de Lynch, Jennifer (Surveillance), Brandon Cronenberg semble vampirisé par son père David et c’est le risque en fréquentant le même registre que lui. La comparaison est inévitable et sa première tentative s’impose sans surprise comme un hommage respectueux bourré de citations (beaucoup de Crash, d’eXistenZ et de Videodrome).

Antiviral contient les défauts et les excès typiques des premiers films : une ambition sans limites et la conviction qu’il vaut mieux en faire trop que pas assez. Du coup, il fonctionne de guingois : ses idées sont originales et séduisent au début (la volonté de critiquer la vacuité de la société de consommation, de réduire les stars à de la viande, de sonder la déliquescence d’une société de cannibales où l’identité est vampirisée par les stakers-fans, annihilée par les réseaux sociaux). Mais faute d’être exploitées, elles se réduisent fatalement à une longue liste d’intentions, incarnées par des acteurs qui surjouent (tout dans la posture). Heureusement, Cronenberg fils fait de temps à autre monter la paranoïa en jouant sur les contrastes et en alternant faux semblants et vraies horreurs. Il lui suffit de reculer un peu ou de changer l’éclairage pour révéler une perspective radicalement différente. C’est du divertissement plus substantiel que les productions du genre mais encore trop fragile. On attend la prochaine expertise pour déceler une vraie personnalité chez Brandon.

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Date de sortie 13 février 2013 (1h 44min) De Brandon Cronenberg Avec Caleb Landry Jones, Sarah Gadon, Malcolm McDowell Genres Science fiction, Thriller Nationalité Canadien[CRITIQUE] ANTIVIRAL de Brandon Cronenberg
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