[CRITIQUE] 10 canoës, 150 lances et 3 épouses de Rolf de Heer

En des temps reculés, dans le nord de l’Australie. Le jeune Dayindi convoite l’une des trois femmes de son frère aîné, Ridjimaril, menaçant ainsi la loi tribale. Afin de ramener Dayindi dans le droit chemin, le vieux Minygululu lui raconte une légende ancestrale d’amours interdits, d’enlèvement, de sorcellerie et de vengeance qui tourne mal. Il y a quelque chose d’instinctivement séduisant chez Rolf de Heer, réalisateur inclassable qui oscille entre les pavés dérangeants (Bad boy Buddy, Dance me to my song) et les fables écolo-rigolotes (Le vieux qui lisait des romans d’amour). Ten canoes appartient à cette seconde catégorie en s’illustrant dans le registre du conte ironique avec comme élément indispensable une voix-off qui appuie ou tourne en dérision des rebondissements intenses. En prenant pour protagonistes des aborigènes, le cinéaste enregistre sur bobine des séquences en creux exagérément étirées pour donner un semblant de radicalité. La démonstration fonctionne puisque soit le spectateur se lasse des outrances et quitte la salle ; soit il choisit d’adopter le rire grinçant des acteurs et du réalisateur, unis dans cette même détermination qui consiste à court-circuiter les préjugés. Le dispositif formel est au diapason : le présent est filmé en noir et blanc ; le passé en couleurs. La manière dont le cinéaste sonde la nature et ses mystères évoque Werner Herzog mais avec une touche encore plus distanciée et corrosive. A travers sa fable, le personnage principal réapprend au passage ce que les spectateurs d’aujourd’hui ont oublié : la patience.

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