Pour réaliser son récit viking empreint de violence et de vengeance, Robert Eggers s’est inspiré de (nombreux) films. Petit passage en revue de ses influences cinéphiles.
The Northman, réalisé par Robert Eggers (The Witch, The Lighthouse) est une adaptation d’un conte scandinave qui a inspiré Hamlet. Cette histoire, écrite plusieurs siècles avant la célèbre pièce de théâtre de William Shakespeare, raconte comment un prince Viking va poursuivre le meurtrier de son père afin de le venger. Mais plus que la substance, c’est la forme qui intéresse Robert Eggers, en proie à des références évidentes: « Il y a plusieurs clins d’œil délibérés à Conan le barbare de John Milius dans The Northman et aussi d’autres accidentels, simplement parce qu’il s’agit d’un des films que j’ai le plus regardé quand j’étais enfant », avoue-t-il en interview à nos confrères de Thrillist. « C’était un grand film pour Sjón, le coscénariste de The Northman, à l’adolescence. Autrement, les prises longues et ininterrompues de The Round-Up de Miklós Jancsó, film qui se déroule dans un camp de prisonniers politiques, où se trouvent aussi des hors-la-loi de la bande de Sándor Rózsa, quelques années après la révolution hongroise de 1848 écrasée par l’armée autrichienne des Habsbourg avec l’aide de l’armée russe, étaient une source d’inspiration. Jarin Blaschke, mon chef-opérateur, et moi avons revisité Andrei Roublev, épopée historique qui raconte, à travers une série de tableaux, le périple dans la Russie moyenâgeuse du peintre d’icônes éponyme et qui, tout juste sorti du monastère, va se confronter à la beauté, mais aussi à la violence du monde. Bien qu’il utilise une approche à plusieurs caméras, j’étudiais attentivement les effets de Akira Kurosawa. Ran reste une influence majeure, mais j’ai aussi regardé ses films de samouraï. Enfin, grande influence de La Chute d’Otrar, film réalisé par Ardak Amirkoulov sur la conquête du Kazakhstan par Genghis Khan au début du XIIIe siècle, qui possède de grandes scènes de bataille médiévales et une fantastique construction du monde. Le scénario a été coécrit par Alekseï Guerman, qui a réalisé Il est difficile d’être un dieu, que j’adore. »
