Christina Lindberg, Kazuhiko Hasegawa, Bill Plympton, Shinya Tsukamoto… Tous à la 17ème édition du Offscreen Film Festival!

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Pour notre plus grand plaisir, le festival bruxellois est de retour du 6 au 24 mars 2024. Toujours partagé entre plusieurs thémas passionnantes et avec une invitée d’honneur qui ne peut que faire chavirer le cœur des amateurs de cinéma bis.

Et pour cause, puisque Christina Lindberg fait le déplacement dans la capitale de l’Europe. Elle sera la Queen incontestée du plus gros module de cette édition: Scandinavian Sins, dédié aux films d’exploitation scandinaves, sous leurs formes les plus variées et crapuleuses. Elle assurera en personne l’avant-séance de plusieurs œuvres softcore (Maid in Sweden, Exposed et Anita: Swedish Nymphet), sulfureuses – dans le contexte de l’époque – et souvent articulées autour du parcours initiatique d’une lolita. Avec opportunisme, ces longs-métrages capitalisaient sur le contraste entre le visage poupon de Lindberg et son corps de déesse, comme une invitation à la volupté et aux pires turpitudes.

Christina Lindberg introduira également les deux meilleurs films de sa filmo: l’éprouvant Thriller: A Cruel Picture (Crime à Froid, Bo Arne Vibenius, 1973) – une des œuvres séminales du genre rape and revenge, qui l’a érigée en icône du bis – et le génial Sex & Fury (Furyô anego den: Inoshika Ochô, 1973) de Norifumi Suzuki. Encore une histoire de vengeance, mais cette fois-ci, portée par la sublime Reiko Ike. Scandinavian Sins propose de vraies curiosités, comme le didactico-hygiéniste Language of Love (Torgny Wickman, 1969) – qui ne lésine pas sur les images à caractère sexuel – et The House of Beasts (Injû no yado, Shôgorô Nishimura): un Suêden Poruno, c’est-à-dire une prod. érotique de la Nikkatsu tournée par une équipe japonaise en Suède, avec des acteurs suédois. Il faut avouer que, question dépaysement, ça se pose là! Le point d’orgue du module sera sans nul doute la Scandinavian Sins Night, qui émulera l’atmosphère des années 70 d’une nuit de débauche dans les quartiers rouges de Stockholm et Copenhague, entre projos de films coquins, loops de peep show et home movies pornos en 8 mm. La chaleur monte déjà d’un cran…

Franc-tireur nippon et bizarreries
L’autre théma principale est consacrée à Kazuhiko «Gôji» Hasegawa, que d’aucuns surnomment le «rebelle sans cause du cinéma japonais». Sont au programme ses deux réalisations (les indispensables The Youth Killer et The Man Who Stole The Sun), ainsi que quelques productions marquantes de sa boîte Director’s Company: le pinku mélancolique Love Hotel (Rabu Hoteru, Shinji Sômai, 1985), le très dinguo Evil Dead Trap (Shiryô no wana, Toshiharu Ikeda, 1988), Typhoon Club (Taifû Kurabu, Shinji Sômai, 1985) – un délicat coming of age movie – ou encore The Crazy Family (Gyakufunsha Kazoku, Sogo Ishii, 1984), satire chtarbée de la famille japonaise moderne.

Comme toujours, la sélection Offscreenings brille par sa singularité et offre un panel de ce qui se fait de mieux dans le cinéma contemporain. Cette année, elle s’ouvrira sur Chiennes de Vie (2023) de Xavier Seron (une production légère du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel) qui prouvera, à nouveau, que la Belgique est le pays de l’Absurdie. Et elle se conclura par le thriller canadien Les Chambres Rouges (Pascal Plante, 2023), qui entremêle procès d’un tueur en série, fantasmes morbides et red rooms du dark web. Entre ces deux séances, la faune bigarrée du Offscreen pourra découvrir le romantico-chelou Embryo Larva Butterfly (du Grec Kyros Papavassiliou), la dernière folie animée de Bill Plympton (Slide aka Duel à Monte-Carlo del Norte), le nouveau Tsukamoto (Shadow of Fire, précédé d’une réputation flatteuse), le documentaire Kim’s Video (une ode touchante aux vidéo-clubs) et La Morsure (Bitten, Romain de Saint-Blanquat), que certain(e)s décrivent à la croisée des influences de Jean Rollin et Lucile Hadzihalilovic.

Le plus attendu de ces Offscreenings? Peut-être bien Stopmotion, premier long-métrage du surdoué Robert Morgan. Le Britannique avait déjà durablement impressionné dans le domaine du court-métrage et le Offscreen a le bon goût de compléter la séance par un florilège d’une heure de ses œuvres au format court. Mentionnons aussi le ciné-concert L’Étrange Couleur de Dario, où Renaud Mayeur et son groupe revisitent à leur façon l’orfèvrerie sonore de la trilogie d’Hélène Cattet et Bruno Forzani: Amer (2009), L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps (2013), Laissez Bronzer les Cadavres (2017). Par ailleurs, ce serait bête de rater la séance unique dévolue au cinéma bis belge, car elle exhume des archives le très rare General Massacre (Général Massacre, Burr Jerger, 1973): un pamphlet antimilitariste et ambigu, qui opère un périlleux mélange entre théâtralité, sadisme et images documentaires. À nouveau, l’auteur de ces lignes sera au Offscreen avec sa mini-caméra, pour filmer des capsules pour la seconde saison de la ChaosTV (avis en sortie de séance, plans d’ambiance, events, etc.). N’hésitez pas à faire signe. Mais avant cela, toutes les infos sont sur le site du festival. A.D.

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