Cannes 2023: Johnny Depp, Maiwenn, billetterie, CGT… promesses d’un début de festival mouvementé

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Le Festival de Cannes n’a pas encore commencé et aucun film n’a encore été présenté, mais le bruit des gens autour se révèle déjà assourdissant (couacs de billetterie, Johnny Depp sur le red carpet, syndics en rogne…). Cette 76e édition pourrait cristalliser bien des tensions.

Mais qui a dit que le Festival de Cannes était coupé du monde et de ses turlupinantes vicissitudes? C’est fini, cette époque dorée des tapis rouges Arielle Dombasle-Henry Chapier. Désormais, c’est la révolution sur le red carpet, avec cristallisation de toutes les revendications! Les tensions qui zèbrent l’Hexagone planent comme l’épée de Damoclès sur cette 76e édition, sous-entendant qu’il est fort loin, le chapitre des tempêtes dans une coupette de champagne avec ensoleillements collectifs et orages individuels. En revanche, et on le sait depuis Hollywood Babylone, le monde du cinéma raffole des scandales, et les scandales sont consubstantiellement liés à Cannes. Beaucoup s’étonneront que l’on parle moins de « Jeanne du Barry, le film » (ce qui est un peu normal vu que personne, à part la presse, ne l’a vu) que « Jeanne du Barry, les scandales » (que tout le monde commente). C’est d’ailleurs ce que Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, a dû commenter ce lundi lors de sa petite conférence de presse d’avant l’ouverture des hostilités. « Je ne connais pas l’image de Johnny Depp aux États-Unis », a-t-il assuré sur l’acteur de Cry Baby qui incarne Louis XV.

Dans ce film, la réalisatrice française Maïwenn (qui, autre skandal, a récemment avoué avoir craché sur Edwy Plenel au restaurant, en mode Fred des Anges qui balance la caméra de Jeremstar dans Les anges de la télé-réalité) se met en scène en favorite du roi joué par l’ancienne star devenue persona non grata sur les plateaux américains depuis des accusations de violences conjugales puis des accusations mutuelles de diffamation avec son ancienne épouse Amber Heard. Frémaux explique avoir « une seule conduite dans la vie: la liberté de penser, de parler, d’agir dans le cadre de la loi ». « Je suis la dernière personne à pouvoir vous parler de tout ça car, s’il y a une personne au monde qui ne s’est pas intéressée à ce procès très médiatique (entre Johnny Depp et Amber Heard), c’est moi. Je ne sais pas de quoi il s’agit, je m’intéresse à Depp comme acteur ». En d’autres termes, remettons l’église au centre du village et ne parlons que de cinéma (ce que l’on fait de moins en moins dans les médias, faut le constater) sans pour autant éluder les questions qui fâchent. À l’instar de la lettre de Adèle Haenel parue dans Téléramuche stigmatisant la « complaisance généralisée du métier vis-à-vis des agresseurs sexuels » et à laquelle Frémaux répond sans langue de bois: « En sortant des propos que j’estime ‘radicaux’, elle s’est peut-être sentie obligée de faire ce type de commentaires, mais ses accusations sont fausses et erronées ».

La 76e édition de l’événement cannois s’ouvre quoi qu’il en soit dans un climat social très tendu, et ce même si le délégué général a assuré que le festival avait « un beau dialogue avec la CGT ». Et s’il nous coupe l’électricité pendant le Glazer, keskonvadevenir? « Rien pour l’instant, pour ce qui nous concerne, n’est annoncé. On verra bien », a assuré Frémaux, rappelant que la Première ministre Elisabeth Borne reçoit les syndicats mardi et mercredi. La journée de mardi, justement, s’annonce fort épique avec Johnny et Maiwenn sur le red carpet. Un possible beau bordel qui a commencé avec les sempiternels couacs informatiques de la billetterie y compris pour nous (« L’informatique améliore les choses mais les rend aussi plus complexes, on ne peut pas servir tout le monde. On a refusé 10.000 festivaliers, il y a un problème de salles de cinéma, il manque au moins une grande salle », dit Frémaux) et qui pourrait donc en annoncer tant d’autres: la présentation du Retour, le nouveau film de Catherine Corsini, confronté à un retrait d’une subvention du CNC en raison d’une scène de sexe simulée entre mineurs, finalement coupée au montage; la première de The Idol, la série de Sam Levinson avec The Weeknd-qui-veut-plus-qu’on-l’appelle-The-Weeknd et Lily-Rose fille de Depp, objet d’une enquête parue en mars dans le magazine Rolling Stone. Sans oublier les personnels de l’hôtellerie qui ont, eux, donné rendez-vous le 19 mai à la mi-journée devant le Carlton, le célèbre palace de la Croisette rouvert après plusieurs années de travaux gargantuesques. Et dire que Cannes n’a pas encore commencé: c’est ça le vrai skandal!!!

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