Le Chaos enquête avant l’annonce de la sélection de Cannes 2019 et se demande si Patrick-Mario Bernard & Pierre Trividic ont leurs chances sur la Croisette.
PAR GAUTIER ROOS / PHOTO: JONATHAN RICQUEBOURG
Dominick a un don depuis qu’il est tout petit : il a le pouvoir de se rendre invisible. Et puis vient un jour où le pouvoir se détraque et échappe à son contrôle. Il retrouve alors un ami d’enfance qui a le même don et panique à l’idée de le perdre.
Encore un thriller cérébral pour les deux papas de Dancing (2003) et L’autre (2008), dont le chaos vous brosse des éloges depuis tant d’années maintenant ? Le duo le plus discret du cinoche français a fini de tourner ce projet, long de 10 ans, en novembre dernier (merci les chaines de TV pour le désengagement de dernière minute, à l’été 2016, alors que tout était prêt).
Le casting ne ressemble à aucun autre : Jean-Christophe Folly, Isabelle Carré, Golshifteh Farahani, le Comte de Bouderbala, Claudia Tagbo… A la photographie, le jeune Jonathan Ricquebourg, qui s’est notamment illustré sur Shéhérazade, La Mort de Louis XIV, Mange tes morts (c’est peu dire que son travail est intéressant).
Présent à la toute fin du tournage, Libé a recueilli les propos des deux cinéastes, qui parlaient alors de « traiter l’invisibilité par l’hyperprésence ». Comme on n’est pas fan de ce jargon très maffesolien, on préférera mentionner le topo livré aux Cahiers du cinéma il y a de ça quelques semaines : « quand l’histoire commence, l’homme invisible est en train de perdre son don d’invisibilité. C’est donc l’histoire de la disparition d’une disparition. Est-ce que moins moins égale plus ? Est-ce qu’on devient visible quand on cesse d’être invisible ? » Über-chaos, avez-vous dit ?
Pourquoi ça sent bon : Joey Starr remplacé par Jean-Christophe Folly, Vanessa Paradis remplacée par Golshifteh Farahani… Ça a parfois du bon, les tournages à rallonge.
Pourquoi ça pourrait coincer : Le tournage s’est achevé en novembre, mais où en est la post-prod ? On ajoutera qu’un personnage baptisé Dominick, avec un K, peut légitimement inspirer la méfiance des sélectionneurs. Patience, donc…

