« Bloodthirsty » d’Amelia Moses: revival du loup-garou

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Disponible sur Shadowz, Bloodthirsty d’Amelia Moses se voudrait une variation originale du genre, mais n’échappe à aucun de nos lieux communs.

Gray est chanteuse. Et rêve qu’elle est un loup. Lorsqu’elle reçoit une invitation à travailler avec le célèbre producteur de musique Vaughn Daniels dans son studio isolé dans les bois, elle commence à découvrir qui elle est vraiment. Ah, le monde terrifiant et impitoyable de la musique où, derrière le producteur, se cache un terrible prédateur. On a bien compris la métaphore filée, et ce, dès le départ (révéler la monstruosité dans la coulisse de la pop culture). Mais on a si bien compris que plus rien ne surprend par la suite. Le film commence par un cauchemar, l’héroïne dévorant les viscères d’un animal en pleine forêt. Et l’on comprend évidemment qu’il s’agit d’une prémonition. Le film avance exactement comme ça, comme une enfilade de scènes téléphonées.

On avait placé Bloodthirsty parmi les films à suivre dans notre liste de films d’horreur, trash, gore, fantastique… et l’honnêteté nous incite à avouer qu’on attendait beaucoup mieux, a fortiori de la part de cette réalisatrice aux références doctes. S’il n’a absolument pas l’ambition d’égaler les classiques que sont Le loup-garou de Londres (John Landis, 1981) et Hurlements (Joe Dante, 1981), Bloodthirsty a au moins le mérite d’être une vraie série B, donc de prendre le genre sans pincettes, soit tout le contraire d’une récente variation lycanthrope comme Teddy, des Boukherma bros, aussi brillante soit-elle. Mais c’est aussi très clairement la limite de l’exercice, qui n’apporte rien de plus au direct-to-VOD, condamné à suivre son programme ni bon ni mauvais.

Les clichés se ramassent comme autant de feuilles mortes, à la pelle, à l’image de l’antre improbable du producteur rockstar, avec son chandelier, sa grande table et ses portraits au mur, qui aimerait sans doute donner une dimension de conte fantastique. On est déçu que la réalisatrice Amélie Moses, qui s’amuse pourtant des effets sonores, ne dynamite pas plus franchement cette figure vieillotte et pas subtile pour deux sous. Au moins, quand Gary Oldman jouait Dracula chez Coppola et accueillait ce cher Keanu Reeves, la couleur était annoncée dès le départ. Il y a de l’humour, de l’ironie et en même temps la promesse d’un gouffre à la fois mystérieux et maléfique. De même, lorsque Robert de Niro reçoit Mickey Rourke dans Angel Heart, on s’amuse des effets de postiches, du jeu de dupe. Ici, le traquenard crève les yeux et il est cinématographiquement nul: c’est à se demander si les protagonistes de cette histoire ont jamais vu un film d’horreur pour commettre autant d’imprudences. On se consolera de la présence d’un Michael Ironside, en toubib sous Tranxene, ajoutant un second degré bienvenu à l’affaire. T.A.

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