[ATTENDU A CANNES 2019] ROBERT EGGERS

Tout comme Ari Aster, Robert Eggers (The Witch) fait partie de ces rares cinéastes actuels oeuvrant dans l’horreur adulte. Il devrait surprendre (voire plus) avec The Lighthouse, son nouveau film avec Willem Dafoe et Robert Pattinson, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs.

PAR GUILLAUME CAMMARATA

Au cours de cette décennie, ils sont deux à être arrivés sans crier gare à donner un coup de pied magistral dans la fourmilière et à s’imposer d’emblée en nouveaux maitres de l’horreur adulte. Les deux cinéastes en question ont pour point commun d’avoir fait intervenir le mal pour faire tomber les masques et réduire la sacro-sainte famille en charnier de luxe propice à la naissance du Démon. A ma gauche, se trouve Ari Aster dont le prochain et très très attendu Midsommar semble prendre la tangente du film de secte déjà présente dans Hérédité. A ma droite, le beau Robert Eggers, hipster fan de Ken Loach, de Federico Fellini, d’Andrei Tarkovski et de John Cassavetes, qui rejoint la sélection de la Quinzaine des réalisateurs cette année avec The Lighthouse.

Que l’on ait ou non aimé son coup d’essai (The Witch et ses visions tétanisantes), difficile de nier les qualités esthétiques et scénaristiques d’une première œuvre jusqu’au boutiste où toutes les valeurs familiales étaient transgressées dans un sabbat incandescent.
Composant chaque plan avec une minutie diabolique dans leurs significations et une retenue dans la grandiloquence digne d’un vieux de la vieille qui n’aurait déjà plus rien à prouver, il sait ce qu’il veut. Une vision forte de la part d’un réalisateur, c’est tout ce dont j’ai besoin, nous avouait-il en entretien. Ayant reçu des éloges quasi unanimes pour The Witch et étant désormais confiant en son talent de cinéaste, celui qui a été marqué à vie par Barry Lyndon de Stanley Kubrick, Le fils des frères Dardenne et Requiem pour un massacre de Elem Klimov nous a concocté ce qui se profile comme la grande attente horrifique de ces sélections cannoises. De l’histoire, on ne sait pas encore grand-chose (et c’est tant mieux) si ce n’est qu’elle se déroule à la fin du XIXème siècle et comptera l’histoire de deux gardiens de phare (Willem Dafoe et Robert Pattinson) sur une île de la nouvelle Angleterre. 

Tournée dans un en 35mm noir et blanc, cette variation expérimentale de mythe marin devrait nous en mettre plein les mirettes. Bref, comme vous l’aurez compris, attente chaos maximale!

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