« Anna », film-emblème du cinéma underground, s’offre une nouvelle vie en salle

0
1246

Après la restau 4K de La Maman et la Putain cet été, un autre projet fou surgit de nulle part pour approcher cette relique merveilleuse que nos ancêtres appelaient un écran de cinéma: Anna, une mystérieuse péloche documentaire de 3h40 autour d’une mineure de 16 ans, droguée et enceinte de 8 mois, qui vient tout juste de s’échapper de sa maison de correction (vous noterez qu’elle est donc également SDF). Nous sommes en 1972, dans la torpeur révolutionnaire de Rome, et la jeune femme fait la connaissance, Piazza Navona, du comédien moustachu Massimo Sarchielli. Avec son ami Alberto Grifi, un cinéaste d’avant-garde, les deux artistes hébergent Anna pendant deux mois et s’adonnent à une oscuro tentativo de cinéma vérité, brossant le portrait de cette héroïne marginale trimballant ses humeurs dans une Rome peuplée de hippies déphasés et d’intellectuels camés, ayant plus ou moins rigoureusement lu les Cahiers de prison de Gramsci. Onze heures de rush compactées en trois pour un film qui abandonne en cours de route le 16 et goûte aux joies heurtées du tout nouveau format vidéo (!): « ce film renferme en lui, comme sous clé, tous les éléments secrets de cette époque explosive que furent les années 70 », résume l’écrivaine Rachel Kushner dans le dossier de presse. Pour les Parisiens, c’est à voir aux Écoles Cinéma Club (attention, une seule séance par jour et à horaire variable!). G.R.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici