AndreaRiseboroughGate aux Oscars

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Les Oscars n’annuleront pas la nomination d’Andrea Riseborough dans la catégorie meilleure actrice, malgré la campagne promotionnelle peu orthodoxe qui a propulsé la star du film To Leslie dans la course aux statuettes. La nomination de cette actrice britannique, qui a coiffé au poteau des stars comme Viola Davis, a pris Hollywood par surprise la semaine dernière et créé la polémique.

Que serait cette cérémonie ronflante sans son petit lot de polémiques? Cette année, ça concerne l’actrice Andrea Riseborough, actrice plutôt aimée, là n’est pas le problème. Le problème vient du long-métrage To Leslie, dont personne (ou presque) n’a entendu parler, où elle incarne une mère de famille alcoolique remplie de remords après avoir dilapidé sa fortune gagnée au loto. Les Américains non plus n’ont pas l’air de savoir d’où vient ce film qui a récolté 27.000 dollars de recettes. Faute de moyens, la production ne s’était pas embarquée dans une coûteuse campagne marketing, un élément habituellement clé pour les films qui espèrent être oscarisés. Mais il se trouve que Andrea Riseborough a bénéficié d’un lobbying insistant de la part de stars de l’industrie comme les éternellement stars Gwyneth Paltrow et Edward Norton (mais si, souvenez-vous!) qui ont vanté sa performance sur les réseaux sociaux, à quel point elle était amaaaaazing.

Alors, campagne efficace ou triche? Une question un peu convenue tant l’on sait que ce genre de pratique existait bien avant les réseaux sociaux (souvenez-vous du lobbying de fou pour Michael Douglas, tellement amaaaazing dans le tellement pas amaaaaazing Wonder boys de Curtis Hanson en 2000). Après enquête, l’Académie a ménagé la chèvre et le chou. « L’activité en question n’a pas atteint un niveau nécessitant l’annulation de la nomination du film », a annoncé le groupe chargé de décerner les Oscars dans un communiqué tentant d’éteindre le feu mardi (#nomorepolemiquepliizzz). « Cependant, nous avons découvert des tactiques de campagne sur les réseaux sociaux (…) qui ont suscité des inquiétudes. Ces tactiques sont abordées directement avec les parties responsables », a expliqué l’institution qui va finir par distribuer plus de communiqués que de statuettes dorées chaque année. Les Oscars sont attribués par les quelque 9.500 membres de l’Académie des arts et des sciences du cinéma, divisés entre les 17 branches de l’industrie. Celle des acteurs comprend environ 1300 électeurs: un candidat a besoin d’un peu plus de 200 votes pour voir son nom au casting des nominés. Ce sont précisément ces membres qui auraient été ciblés par des e-mails et des messages sur les réseaux sociaux en faveur d’Andrea Riseborough. Sauf que sur les réseaux sociaux, ça hurle sur le fait qu’on balance une nomination surprise pour Andrea et qu’on snobe Danielle Deadwyler et Viola Davis pour leurs perfs dans Till et The Woman King. Aucune afro-américaine nommée cette année. De quoi alimenter la polémique sur le manque de diversité de ces récompenses, récurrente depuis 2015 et l’apparition du hashtag #OscarsSoWhite. Selon l’Académie, « des éléments du règlement doivent être clarifiés pour aider à créer un meilleur cadre pour une campagne respectueuse, inclusive et impartiale ». Mais aucun changement n’est prévu avant la fin de la prochaine cérémonie des Oscars, qui aura lieu le 12 mars. Un scandale de pacotille qui aura au moins permis à notre Paul Schrader préféré de sortir de ses gonds!

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