[CRITIQUE] L.A. ZOMBIE de François Sagat

Icône du cinéma gay dans les années 90, Bruce LaBruce poursuit l’alchimie qu’il avait proposé dans son précédent Otto; or, Up with Dead People : mélanger le gore et la pornographie pour montrer ce que l’on ne voit jamais dans les films de genre, un peu dans l’esprit d’Andrew Parkinson (Moi Zombie : chronique de la douleur). Difficile, hélas, de ne pas y voir une énième récupération opportuniste. Celui qui se décrit partout comme le « Reluctant Pornographer » utilise ce registre comme cache-misère et réalise en réalité un remake de Hustler White quinze ans plus tard avec les mêmes volontés de glamouriser une «star» à travers un nouveau Tony Ward (François Sagat, zombie diabolique et hypersexué au corps barbouillé et à la queue fourchue errant dans les rues de Los Angeles) et de proposer une succession exponentielle de saynètes outrancières et trash. La vraie différence, c’est qu’à l’époque Bruce LaBruce ne se prenait pas au sérieux et avait le sens de l’humour. Aujourd’hui, il l’a un peu perdu, en plus de l’inspiration. Le film est court (il dure seulement une heure) et se regarde vite, mais c’est totalement à côté de la plaque. Son auteur n’a rien à dire sur le sujet et n’atteint pas son réel objectif : proposer la variation d’un thème accaparé par une catégorie précise de spectateurs pour s’exprimer en dehors des normes. Au final, L.A. Zombie ne s’adresse qu’aux happy fews qui connaissent déjà le cinéma de Bruce LaBruce et, même pour eux, il paraîtra moins underground que démodé avant même de sortir en salles.

Les articles les plus lus

« Ascension » : Alfonso Cuarón planche sur une série horrifique

Le casting d’Ascension, la nouvelle série horrifique d’Apple TV,...

« River » de Joshua Juliano : vers un nouveau « Obsession » ?

Le film d’horreur River, réalisé par Joshua Juliano, se...

« Snake: Gridbreaker » : quand le jeu Snake rencontre le roguelite d’action

Et si le célèbre jeu Snake se transformait en...

Culte des années 2000 : Glass Candy – « Digital Versicolor »

Paru en 2007, Digital Versicolor est l'un des morceaux...
spot_img

Notre tableau des étoiles

À lire absolument

spot_imgspot_img
Icône du cinéma gay dans les années 90, Bruce LaBruce poursuit l'alchimie qu'il avait proposé dans son précédent Otto; or, Up with Dead People : mélanger le gore et la pornographie pour montrer ce que l'on ne voit jamais dans les films de genre,...[CRITIQUE] L.A. ZOMBIE de François Sagat