Imparfait mais fascinant Dans l’Ouest américain, à la fin du XIX siècle. Liz, une jeune femme d’une vingtaine d’années, mène une vie paisible auprès de sa famille. Mais sa vie va basculer le jour où un sinistre prêcheur leur rend visite. Liz devra prendre la fuite face à cet homme qui la traque sans répit depuis l’enfance…
Trop long pour son propre bien. Le western tente tant bien que mal de survivre, et on ne lui en veut pas (remember l’année dernière du triplé Bone Tomahawk / Les huit salopards / The Revenant): il suffit de jeter un œil sur le mastodonte Westworld pour voir à quel point on peut encore s’amuser avec. Ce qui ressort de cette tendance, ce n’est pas l’envie de faire des westerns secs à l’ancienne, mais au contraire de l’emmener vers des cimes un peu hybrides, un peu chaos. Coproduction européenne, Brimstone fait partie de ceux là, à une époque où l’on pensait le western pourtant mort et enterré sur le vieux continent. Ainsi, un réalisateur hollandais académique dont aucun film n’a foulé le sol français aux commandes d’une œuvre faisant croiser les ADN filmiques: le western transgenre en l’occurrence, puisque mêlé au thriller quasi horrifique (un westller alors? Ou un thristern?) et le western féminin/féministe qui tente de réhabiliter les laissées pour compte d’un genre (trop) burné. Les fermières, les épouses, les maîtresses, les putes, les gamines: celles que les lonesome cow-boys ont laissé sur la route, celles que les bandits ont convoité, celles que les maris ont sous-exploité. Voilà ce qui intéresse Brimstone. Et ça titille.
Éclipsée par sœur Elle, Dakota Fanning, ex-enfant star avouons-le pas hyper intéressante, redore son blason avec un rôle ardu, celui d’une sage-femme muette condamnée à revivre un enfer éternel lorsque surgit l’ombre d’un révérend malfaisant. Là évidemment, le néon Nuit du chasseur clignote à péter les ampoules, avec un Guy Pearce balafré qui entend bien purifier les mécréants. La meilleure idée (mais peut-être aussi le piège) du métrage étant de raconter une fresque à rebours, véritable poupée russe sanguinolente dévoilant chapitre après chapitre une traque jalonnée de flagellations et de langues coupées. Mais 2h20 c’est trop, vraiment trop. Pas ennuyeux bien sûr, mais trop. Et parfois assez complaisant dans ce qu’il dénonce, même si sa cruauté sidérante fait parfois effet (oh tiens, un monsieur pendu par les tripes). Malgré son visuel léché et son premier degré, Brimstone a quelque chose de presque trop huilé pour totalement emballer, et de sacrément lourd aussi, à l’image d’un bad guy s’annonçant dès la première séquence par le bon verset bien placé.

