Photographe de talent dont les clichés aux mille couleurs semblent hantés par les ombres de Ulrike Ottinger, Jess Franco ou Dario Argento, Laurens Saint-Gaudens fait à présent rugir sa caméra, non seulement pour des courts qu’on a hâte de découvrir (Visions d’Acides et Nos lèvres sont les miennes pour ne pas les nommer), mais aussi côté clips: après les très beaux Lust for Life (pour Hermetic Delight) et Loin de moi le drame (pour Thx4crying), voilà que vient d’être mis en ligne Lumières et phares d’autrefois qui marque une nouvelle collaboration avec la DJ Dita von Tears.
Il faudrait imaginer la Corky de Bound paumée sur la mer plastique du Fellini-Casanova, rampante sur des roches de papiers mâchés, cernée par un orage de carton dont la trance de Dita sert ici d’éclairs saccadés. Trip minimaliste, au cordeau, d’une beauté qui s’engloutie d’un coup sec, ode au corps butch qui bande les muscles et saigne comme il transpire. Simple et efficace. La jeune boite de production à l’œuvre, Morituri Films, promet d’ailleurs un avenir assez chaos. J.M.


