Et si le « Prince of Persia » d’Ubisoft Montpellier créait la surprise en 2024?

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Chaos s’est rendu à la Paris Games Week 2023 et a pu tester le très attendu Prince of Persia: The Lost Crown auprès de l’éditeur Ubisoft.

Du plus célèbre des princes de Perse – du moins de nos jours, Cyrus, Darius et autres Xerxès ayant aussi eu en d’autres temps leurs petites renommées –, nous n’avions pas vraiment eu de nouvelles depuis 2010 et la sortie de Prince of Persia: Les Sables oubliés. Son retour, annoncé en développement du côté des équipes d’Ubisoft Montpellier (Beyond Good and Evil, Rayman Origins, Rayman Legends, etc.) suscitait beaucoup d’attente, d’autant que sa direction véritable est restée pendant longtemps inconnue.

C’est peu dire que les premières images de ce nouvel épisode, nommé Prince of Persia: The Lost Crown, ont provoqué des réactions virulentes en ligne. L’orientation graphique, avec son rendu toonesque qui semblait calibré pour ne pas dépareiller dans une industrie vidéoludique marquée artistiquement par l’empreinte d’un certain Fortnite, fut celle qui éprouva les premiers coups de feu. En deuxième ligne, les choix de retourner à une caméra 2D (2,5D pour être en réalité exact), de se rapprocher du platformer coloré et de s’éloigner brutalement d’un univers sombre et réaliste furent les suivants à goûter à la poudre.

La Paris Games Week, tenue début novembre et qui comportait bien entendu un ventripotent stand Ubisoft, fut alors l’occasion de confronter cette violence virtuelle à une réalité de jeu, manette en main. En effet, les équipes d’Ubisoft avaient fait le choix de proposer une démo, pour le moment exclusive aux salons internationaux. De passage sur le salon, ce dernier fait nous paraît à présent étonnant: après avoir passé une bonne vingtaine de minutes en compagnie de ce nouveau jeu, il y a fort à parier qu’une sortie publique de cette démo permettrait de calmer bien des critiques.

De fait, ce qui frappe immédiatement, une fois au contrôle de Sargon (notre nouveau personnage principal, un guerrier chargé de libérer le Prince), c’est à quel point le jeu est un vrai plaisir à faire bouger. Tirant parti de leur savoir-faire dans le genre du platformer, acquis avec les deux excellents Rayman développés il y a maintenant une dizaine d’années, les équipes ont donné vie à un système de déplacement d’une rare subtilité, accompagné par une palette extraordinaire d’animations. On saute, dash, sprinte, frappe avec beaucoup de précision et très rapidement, ce qui est assez impressionnant dans le cadre d’une démo. Le jeu semble être construit à la façon d’un metroidvania, demandant au joueur de revenir dans certaines zones. Surtout, la construction des niveaux est diablement riche, enchaînant des phases de combats, d’énigmes, de plateformes avec beaucoup de rythme, et proposant de nombreux embranchements vers des zones qui nous ont parues tout à fait secondaires. Les combats sont variés, les feedbacks excellents, et la démo culminait même lors d’un combat de boss très franchement exigeant.

Si les choix de la direction artistique ne sont pas tous enchanteurs, et que les graphismes sont parfois un peu grossiers (le jeu tournait sur Switch, précisons-le), il semblerait que ces choix aient surtout été motivés par un véritable vision de game design, celui de rendre cette nouvelle mouture de Prince of Persia plus nerveuse, arcade et excitante que ce à quoi les derniers jeux de la franchise nous avaient habitués. Alors oui, si Ubisoft Montpellier est sur le point d’accoucher d’un petit miracle de jeu d’action, entre platformer nerveux et metroidvania, cela vaut bien une petite buée de Fortnite sur l’écran. T.R.

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