En France aussi, on a eu droit à des mondo. La preuve avec ce Paris-secret signé Édouard Logereau, narré par Romain Bouteille et Henri Garcin et accompagné d’une musique jazzy d’Alain Goraguer. Interdit, ressuscité, disparu, exhumé, ce documentaire aux mille vies ressort enfin.
Qui-n’en-veux un documentaire sur le Paris insolite et méconnu? L’occasion est trop belle pour le réalisateur Edouard Logereau de montrer la capitale sous un nouveau jour. Prenant la poussière sur les étagères de Gaumont, ce croquignolesque Paris Secret a été exhumé durant L’étrange Festival. Une curiosité déviante qui ne méritait pas une disparition si injuste (ça faisait tâche sur la jolie fleur de Gaumont…). Les fans de Mondo zinzins seront ravis, le film cochant toutes les cases du genre: scènes ultra-bidonnées, escapades racistes et misogynes, instant sniff snuff (cette traumatisante préparation de hérisson pour un resto gitan de fortune), commentaires totalement à l’ouest, et des images sublimes qui s’égarent çà et là, comme ce train fantôme du strip-tease, une cérémonie sylvestre au clair de lune ou ce cheval fuyant l’abattoir, dans une conclusion étonnement poétique qu’on peut s’amuser à voir comme un pied de nez au légendaire Le sang des bêtes de Georges Franju. Gênant et crétin comme la majorité de ses camarades certes, et paradoxalement tout aussi passionnant. J.M.
