Le titre du dernier en date d’Alex Van Warmerdam correspond effectivement au dixième long de cet auteur atypique et rare (son précédent La peau de Bax remonte à 2015). Cette fois, il nous emmène dans des contrées encore plus délirantes que d’habitude, toujours sans en avoir l’air. Le film commence comme un vaudeville autour de Günter, acteur principal d’une troupe de théâtre expérimental. Günter a une liaison avec la femme du metteur en scène, et lorsque celui-ci l’apprend, il relègue l’acteur au second plan pour l’humilier. La pièce devient complètement autre chose, et le film suit le même chemin à la suite d’une série de révélations qui débouchent sur une dimension totalement inattendue dont il vaut mieux ne rien savoir, sinon qu’elle implique une conspiration catholique. Le tout est amené en douceur, mais avec une logique implacable, sans jamais quitter le ton de la comédie noire, jusqu’à une conclusion hilarante et spectaculaire. Nouvelle preuve que le Hollandais est un maître dans l’art d’en faire beaucoup avec très peu. Nr. 10 a été projeté au NIFFF. Il est sorti aux Pays-bas et en Belgique, le distributeur Drafthouse le sortira aux Etats-Unis début décembre (en salles et en VOD, à une semaine d’écart). On l’espère en France. G.D.
