« L’important c’est d’aimer » de Andrzej Żuławski: l’amour, ce chien de l’enfer

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«S’il vous plaît ne faites pas de photos…» Cils trop longs, maquillage humide, sang sur les murs, nuisette froissée: Romy ouvre le bal. On nous parle de Nadine Chevalier, actrice de séries Z piétinée par la vie, on y voit encore et toujours Romy Schneider, l’étoile blessée. L’important, c’est d’aimer peut se targuer de faire partie de cette caste minuscule de films qui collent les larmes dès leur ouverture. Tout, du regard caméra en passant par la musique de Delerue, jusqu’à la mise en abyme et les mots qui font mal, peut paraître d’une obscénité massive. Et tout fonctionne. Tout est là. Une comédienne paumée, un photographe crapoteux, un clown triste: le triangle amoureux en appartement, cette grande complainte du cinéma français, explose sous la main de Zulawski, qui traversait une nouvelle frontière après avoir mis sa Pologne à feu et à sang avec Le Diable. Pas tendre, jusqu’à y dépeindre le monde du cinéma et du spectacle comme un capharnaüm délétère: l’amour y est l’unique salut des perdus. Encore faut-il le toucher du bout des doigts dans ce cirque de grimaces, de longs couloirs étriqués, de visages malades. Chez Zulawski, c’est au bout du tunnel, à l’agonie, qu’on y parvient. Même dépassé par sa production, même sous les tensions et les incartades, le réalisateur polonais fit de ce mélo bulldozer un vrai diamant noir du cinéma français. J.M.

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