« Les Cinq Diables » de Léa Mysius: Adèle Exarchopoulos dans une affaire de don surnaturel

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Réalisatrice de Ava et coscénariste des Olympiades de Jacques Audiard, Léa Mysius reviendra en 2022 avec un second long métrage intitulé Les Cinq Diables.

Amazone bleue, seins dehors, fusil en joue: l’affiche d’Ava, premier film de Léa Mysius sélectionné au Festival de Cannes dans le cadre de la Semaine de la Critique en 2017, a quelque chose qu’on oublie pas, qui s’éloigne déjà de tout ce qu’on peut s’imaginer d’une bluette d’été ou d’un teen movie élégiaque. C’est là où Léa Mysius frappe fort: elle est loin de tout. Loin des assiettes qu’on casse dans les apparts du 16ᵉ, loin des apéritifs en terrasse improvisés façon contes moraux, loin du récit initiatique couleur menthe à l’eau. Ava, c’est un cocktail acide qu’on a beaucoup remué. Il y a une incorrection qui trouble dans ce coup d’essai au fil de l’eau salée et du sable: une mine boudeuse qu’on aime et qu’on déteste, une ado (Noée Abita) dont le monde s’éteint au sens propre, qui cherche un sens à sa vie dans le chaos. Une petite silhouette nue à la Robbe-Grillet qui se lance dans les vagues, qui crapahute sur les dunes pour détrousser les nudistes (idée vilaine et absurde comme on aime), qui adore un gitan pasolinien à en crever, à en faire des conneries. «Je veux le sauver, et je veux être sauvée». On pourrait avoir du Jacques Doillon, du Pauline à la plage: Mysius fait du Mysius, en accord avec la beauté du paysage et sa laideur, avec les corps, avec le bizarre.

Dans son premier court métrage Cadavre exquis, une gamine solitaire trouvait le cadavre d’une femme et le conservait loin des regards. Malaise beau, malaise chaos, preuve déjà que quelqu’un derrière la caméra n’avait pas peur. Dans Ava, c’est ça aussi: une frontalité qui évoque en germe le cinéma des années 70. Objet râpeux, objet solaire, entre le confort et le réconfort, l’abrasif et le maniérisme, entre ce qui est pop (la ballade magique sur Sabaili) et ce qui ne l’est pas. Avec Léa et grâce à Ava, une nouvelle aventure chaos commence. Et se poursuit donc avec Les Cinq Diables, son second long métrage. On y suivra Vicky, 8 ans, qui a un don surnaturel: son odorat est extraordinairement développé. Elle voue un amour passionnel à sa mère au point de créer un parfum à partir de son odeur. Le retour de sa tante Julia va faire ressurgir de manière aussi violente que magique les secrets de sa famille. Une première image est visible via le site de Wild Bunch. On l’espère à Cannes 2022. J.M.

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