« Her » : Scarlett Johansson amour virtuel de Joaquin Phoenix

Un homme et une voix féminine émanant d’un ordinateur peuvent-ils vraiment tomber amoureux et la technologie combler la solitude urbaine contemporaine ? Bienvenue dans « Her », dernier film de Spike Jonze, en salles mercredi, avec Joaquin Phoenix et Scarlett Johansson.

Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l’acquisition d’un programme informatique ultramoderne, capable de s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de « Samantha », une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…
Her a été couronné de l’Oscar 2014 du meilleur scénario original pour le réalisateur Spike Jonze, auteur précédemment du très remarqué Dans la peau de John Malkovich. En novembre, Scarlett Johansson avait eu le prix d’interprétation au festival de Rome où le film était présenté en avant-première. Une situation pour le moins originale alors que l’actrice à la plastique de rêve est présente dans le film uniquement par la voix! Pour cette raison d’ailleurs, les Golden Globes américains avaient refusé de nommer l’actrice dans la catégorie meilleur second rôle.

Avec cette merveilleuse dystopie qui capte quelque chose de très contemporain – ce qui le rend extrêmement chaleureux à une époque de bouleversements et d’incertitudes -, Spike Jonze propose le portrait de Theodore, un écrivain public (Joaquin Phoenix qui trimballe avec lui la mélancolie de son personnage dans Two Lovers de James Gray), englué dans une rouille intime, tourmenté par la fin de sa précédente histoire d’amour, qui tombe amoureux d’un programme informatique dont on n’entend que la voix. En l’occurrence celle de Scarlett Johansson.

Film de flamme éteinte 

La technologie, raffinée, s’est mise au service des hommes pour leur faciliter la vie. « La technologie n’est peut-être pas le meilleur moyen pour exprimer ses sentiments mais s’il est le seul, alors c’est mieux que rien », souligne Spike Jonze, confiant ne pas « juger » ce type de relation mi-réelle, mi-virtuelle.

Her ne parle pas d’amour mais de ce qui se passe lorsqu’il a disparu : la nostalgie, la cristallisation, la solitude, l’illusion. La cruauté de cette fable somnambulique aux allures de grand sommeil, c’est que la flamme est éteinte. Ainsi, sans s’en rendre compte, sonné par la rupture, noyé dans les limbes du présent, le héros est passé du côté des machines aux sentiments endormis qui attendent d’être réveillées.

« Her » le 19 mars 2014 au cinéma.

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