Un homme et une voix féminine émanant d’un ordinateur peuvent-ils vraiment tomber amoureux et la technologie combler la solitude urbaine contemporaine ? Bienvenue dans « Her », dernier film de Spike Jonze, en salles mercredi, avec Joaquin Phoenix et Scarlett Johansson.
Avec cette merveilleuse dystopie qui capte quelque chose de très contemporain – ce qui le rend extrêmement chaleureux à une époque de bouleversements et d’incertitudes -, Spike Jonze propose le portrait de Theodore, un écrivain public (Joaquin Phoenix qui trimballe avec lui la mélancolie de son personnage dans Two Lovers de James Gray), englué dans une rouille intime, tourmenté par la fin de sa précédente histoire d’amour, qui tombe amoureux d’un programme informatique dont on n’entend que la voix. En l’occurrence celle de Scarlett Johansson.
Film de flamme éteinte
La technologie, raffinée, s’est mise au service des hommes pour leur faciliter la vie. « La technologie n’est peut-être pas le meilleur moyen pour exprimer ses sentiments mais s’il est le seul, alors c’est mieux que rien », souligne Spike Jonze, confiant ne pas « juger » ce type de relation mi-réelle, mi-virtuelle.
Her ne parle pas d’amour mais de ce qui se passe lorsqu’il a disparu : la nostalgie, la cristallisation, la solitude, l’illusion. La cruauté de cette fable somnambulique aux allures de grand sommeil, c’est que la flamme est éteinte. Ainsi, sans s’en rendre compte, sonné par la rupture, noyé dans les limbes du présent, le héros est passé du côté des machines aux sentiments endormis qui attendent d’être réveillées.
« Her » le 19 mars 2014 au cinéma.

