Jacques Hardy, professeur de lycée, Max Naveau, projectionniste, et Jean-Jacques Rousseau, maçon de profession, réinventent l’art cinématographique. Ils tournent en Belgique des longs métrages sans moyens, sans acteurs et équipe professionnels. Ils ont chacun une filmographie importante et étendue dans le temps. Le documentaire passe d’un cinéaste à un autre, filmant les équipes et les tournages de ces Don Quichotte du cinéma. Vous ne connaissez pas Furor teutonicus ou Maquis contre Gestapo ? Rassurez-vous, nous non plus, mais après avoir vu ce film, il sera impossible de les oublier. Cinéastes à tout prix est un documentaire relativement court (il ne dure qu’une heure et six minutes) qui s’intéresse à la carrière des trois Ed Wood du cinéma belge : Jacques Hardy, Max Naveau et Jean-Jacques Rousseau, trois artistes autodidactes qui ont consacré toute leur vie à signer des films cheap ou Z pour se faire plaisir et faire plaisir aux autres. Ce documentaire est un moyen de connaître leurs fabuleuses filmographies et de rendre hommage à tous ceux qui font des films sans les moyens d’un Spielberg. Le plus inquiétant de tous reste Jean-Jacques Rousseau, à l’origine maçon analphabète, qui a appris le français dans le but d’écrire un scénario, qui se balade en permanence avec un passe-montagne sur la tête et pousse même le vice à sortir un flingue pour que ses acteurs exécutent leur travail. On a trouvé pire que Jean-Pierre Mocky, Jean Rollin et autres Max Pecas.
Les extraits de films peuvent rappeler ceux que le cinéphile a jadis tenté de monter avec la caméra familiale et les commentaires qui les accompagnent sont souvent hilarants. Lesdits cinéastes ont suffisamment d’humilité, de lucidité et d’absence de prétention pour parler de leurs films avec autant d’humour que d’émotion, de dérision que de passion. Certains passages sont même très touchants (comme ce dévouement aveugle d’une actrice pour son réalisateur ou alors l’épilogue) et les apparitions et anecdotes efficaces de Benoît Poelvoorde, Bouli Lanners et Noël Godin pimentent la sauce. On en sort amusé, avec l’irrésistible envie de découvrir entre autres le fameux Furor teutonicus, de Jean-Jacques Rousseau, le seul film qui commence par le panneau « Paris. 20 ans plus tard » alors que rien n’a été montré auparavant.
[critique] Cinéastes à tout prix de Frédéric Sojcher
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