[CRITIQUE] 10 canoës, 150 lances et 3 épouses de Rolf de Heer

En des temps reculés, dans le nord de l’Australie. Le jeune Dayindi convoite l’une des trois femmes de son frère aîné, Ridjimaril, menaçant ainsi la loi tribale. Afin de ramener Dayindi dans le droit chemin, le vieux Minygululu lui raconte une légende ancestrale d’amours interdits, d’enlèvement, de sorcellerie et de vengeance qui tourne mal. Il y a quelque chose d’instinctivement séduisant chez Rolf de Heer, réalisateur inclassable qui oscille entre les pavés dérangeants (Bad boy Buddy, Dance me to my song) et les fables écolo-rigolotes (Le vieux qui lisait des romans d’amour). Ten canoes appartient à cette seconde catégorie en s’illustrant dans le registre du conte ironique avec comme élément indispensable une voix-off qui appuie ou tourne en dérision des rebondissements intenses. En prenant pour protagonistes des aborigènes, le cinéaste enregistre sur bobine des séquences en creux exagérément étirées pour donner un semblant de radicalité. La démonstration fonctionne puisque soit le spectateur se lasse des outrances et quitte la salle ; soit il choisit d’adopter le rire grinçant des acteurs et du réalisateur, unis dans cette même détermination qui consiste à court-circuiter les préjugés. Le dispositif formel est au diapason : le présent est filmé en noir et blanc ; le passé en couleurs. La manière dont le cinéaste sonde la nature et ses mystères évoque Werner Herzog mais avec une touche encore plus distanciée et corrosive. A travers sa fable, le personnage principal réapprend au passage ce que les spectateurs d’aujourd’hui ont oublié : la patience.

Les articles les plus lus

Nicolas Winding Refn aux commandes d’un remake de « Maniac Cop » ? C’est William Lustig qui le dit

Le réalisateur danois Nicolas Winding Refn devrait tourner à...

[DANS MA PEAU] Marina de Van, 2002

On a vu planer la Marina façon ombre tutélaire...

[L’HOMME QUI VOULAIT SAVOIR] George Sluizer, 1989

Sur la route des vacances, un jeune couple amoureux...

« Scream 7 » de Kevin Williamson : de l’épouvante épouvantable

Si on comprend mieux, après l'avoir vu en salles,...

« Saturnalia » : un film d’horreur indépendant qui rend hommage à Dario Argento

Le film d’horreur indépendant Saturnalia se dévoile dans une...

Après « Brides », Chloe Okuno planche sur le thriller horrifique « Bad Hand »

La réalisatrice Chloe Okuno (Watcher) s’associe à la scénariste...

[LAKE MUNGO] Joel Anderson, 2008

Pour donner naissance à un film culte, rien ne...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
En des temps reculés, dans le nord de l’Australie. Le jeune Dayindi convoite l’une des trois femmes de son frère aîné, Ridjimaril, menaçant ainsi la loi tribale. Afin de ramener Dayindi dans le droit chemin, le vieux Minygululu lui raconte une légende ancestrale d’amours...[CRITIQUE] 10 canoës, 150 lances et 3 épouses de Rolf de Heer
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!