[60 ANS DE SEMAINE DE LA CRITIQUE] Nos 60 films préférés

Ava (2018)
De Léa Mysius, avec Noée Abita, Laure Calamy, Juan Cano
Quitte à perdre la vue, autant vivre sa vie et tout foutre en l’air. C’est un peu le projet de la petite Ava, ado qui s’ennuie sous le soleil de l’été, prête à s’engouffrer dans l’amour incertain d’un jeune gitan. Dans une photo granuleuse et pleine de dureté, Ava chante une adolescence belle et irritante comme un joli vase qu’on casse, mêlant les sentiments les plus contradictoires parfois en un claquement de doigt. Léa Mysius a glissé de l’arsenic dans un diabolo grenadine, mêle l’odieux et le beau, et à l’image de son héroïne, ne s’excuse de rien. Sa scène de danse libératrice et triste sous le cagnard, Sabali à fond les oreilles, peut se targuer d’être devenu petit à petit une des grandes scènes cultes du cinéma français des années 2010. J.M.

LE FILM EN +: Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin, présenté en 2018
Du cinéma incandescent, irradié, prêt à en découdre, qui fleure bon les bas-fonds marseillais d’antan, c’est-à-dire avant que les Parisiens ne se décident à transformer la ville en hot spot (le quartier de la Rotonde est encore préservé, dieu soit loué). Shéhérazade est un film consumé, les deux pieds détalant à toute vitesse sur le bitume, autant abreuvé par Roméo et Juliette que par Scarface, que nous qualifierons ici de West Side Story balafré! Avec Sauvage cette année-là, l’autre portrait d’une jeunesse qui se fracasse le crâne dans le seul endroit susceptible de lui ménager une place: la marge. Vous pouvez ne pas aimer le film, mais vous ne pouvez pas dire que ça ne brûle d’un feu ardent bienvenu dans le jeune cinéma français. G.R.

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