[60 ANS DE SEMAINE DE LA CRITIQUE] Nos 60 films préférés

Reconstruction (2003)
De Christoffer Boe, avec Nikolaj Lie Kaas, Maria Bonnevie, Krister Henriksson…
Ce film commence par un tour de magie d’un illusionniste qui parvient à maintenir une cigarette en l’air entre ses deux mains. On retrouvera ce même magicien plus tard dans une séquence cruciale qui sera fatale pour les protagonistes. Chez un David Lynch, cet homme pourrait être l’incarnation parfaite de l’inconnu étrange (le cow-boy dans Mulholland Drive, l’homme en noir dans Lost Highway) qui vient brouiller les pistes ou alors les clarifier. Tout le film, construit comme un puzzle, baigne dans une atmosphère noire et polardeuse, accompagnée d’une musique classique rassurante et mélancolique. Avant de nous plonger dans des univers parallèles et de se transformer en vaudeville comique et absurde sur la difficulté d’aimer et de rester constant. Cela peut être pris comme un canular mais Reconstruction ne cherche pas à être cynique. En dépit de ses thèmes (les affres de la création, la difficulté d’accepter et de montrer ses sentiments, les angoisses existentielles, le doute sur la confiance de la personne aimée, les manipulations en tout genre), il s’avère en réalité romantique. Pour preuve, son intrigue se cristallise autour du thème de l’amour fou et de son inaccessibilité. C’est dans cette ambivalence entre le jour et la nuit, le blanc et le noir, la froideur et la chaleur, le clair et le sombre que Reconstitution tire ses meilleurs moments. Les accents oniriques («Je suis dans votre rêve, vous êtes le mien») ne servent qu’à maintenir le suspense et à provoquer un vrai plaisir de l’instant. LT

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