[60 ANS DE SEMAINE DE LA CRITIQUE] Nos 60 films préférés

Boy Meets Girl (1984)
De Leos Carax. Avec Denis Lavant, Mireille Perrier, Carroll Books
Naissance d’un génie. La carrière du trop rare Leos Carax (6 films en 37 ans) a débuté à La Semaine de la Critique, sélectionné en 1984 pour son premier film Boy Meets Girl. Tout le cinéma de Carax se trouve déjà dans ce film: la poésie du verbe, le lyrisme des émotions exacerbées, le formalisme et le goût de l’expérimentation visuelle, le lien avec le cinéma des premiers temps. Après de nombreuses années de désert artistique, la France trouvait enfin la relève des cinéastes de la Nouvelle Vague. Boy Meets Girl, avec son beau noir et blanc, rappelle d’ailleurs la liberté de ton des 400 Coups et d’A Bout de souffle. Un parallèle d’autant plus remarquable que Denis Lavant, jeune acteur alors émergent et futur acolyte de Carax, apparaît comme la parfaite fusion entre Belmondo (pour son jeu de saltimbanque) et Léaud (pour son insolence et la richesse de son langage). Avec Boy Meets Girl débute une histoire d’amour tumultueuse avec Cannes. Assassiné par la critique et le public cannois lors de la projection en 1999 de l’incompris Pola X, il renaîtra finalement de ses cendres en 2012 avec le magnifique Holy Motors. Revenu sur le devant de la scène, c’est sans surprise qu’on le retrouvera en Compétition Officielle cette année avec Annette. M.B.

LE FILM EN +: Faubourg Saint-Martin de Jean-Claude Guiguet, présenté en 1986
Oh le beau mélo! Un grand hôtel du 20e arrondissement, une maîtresse d’établissement bien perruquée qui régente la maison avec vigueur et panache (jouée par l’inénarrable Patachou), des conversations avec des filles de petite vertu sur l’oreiller, et emballé c’est pesé, vous obtenez l’un des films les plus originaux des années 80, signé par un digne émissaire de l’école Diagonale, la maison de production fondée par l’utopique père Vecchiali. Un film qui semble sans cesse basculer d’époque (sommes-nous de retour chez Marcel Carné avec notre Arletty nationale traversant le canal?) et qui mérite votre attention, au même titre que cette folle déambulation nocturne récemment remise en lumière par nos amis Yann Gonz et Iris Brey et que s’apelorio Simone Barbès ou la vertu (1980). Ingrid Bourgoin joue ici un second rôle, tout comme Howard Vernon, et Françoise Fabian incarne à merveille ce cinéma du subtil bécot, doux, chatoyant, et jamais dans la surenchère: vos petits cœurs transis apprécieront. G.R.

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