40 ans de « Sans toit ni loi » : le film ressort en version restaurée

Agnès Varda a réalisé beaucoup de grands films, mais Sans toit ni loi a toujours eu une place à part. Lion d’or, César de la meilleure actrice pour Sandrine Bonnaire, million d’entrées au box-office, il est le film le plus plébiscité de sa réalisatrice. Le revoir aujourd’hui permet de rendre compte de sa grande modernité. Justement, le film ressort ce mercredi 11 mars en salles en version restaurée. L’occasion de se (re)plonger dans le destin tragique de Mona, jeune vagabonde, « mignonne », « qui pue » et « qui ne dit pas merci », pour reprendre le slogan qui accompagnait la campagne d’affichage du film en 1985. Marquée par la montée de la précarité et de l’augmentation du nombre de sans-abris (dont la majorité sont des femmes) au milieu des années 80, Agnès Varda signe avec Sans toit ni loi un film politique et féministe radical, qui n’explique rien du passé de son personnage, refusant tout psychologisme et préférant plonger le spectateur dans un réel documentaire, en perpétuel mouvement – en opposition à l’image de départ, avec une Mona figée, morte de froid. Car c’est le quotidien du vagabond : bouger, faire du stop, trouver de quoi manger, où dormir, survivre. D’où la forme du travelling, au nombre de treize dans le film, qui s’impose au long de ses 1h45. Quarante ans après, la France n’est pas en meilleur état, et revoir ce film, bousculer le chaland, est plus que nécessaire.

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