« 28 ans plus tard : le temple des morts » de Nia DaCosta : toujours pas convaincus

28 ans plus tard, relance pas franchement nécessaire de la licence initiée par Danny Boyle, nous avait laissés sur une image confuse de karatékas chevelus. C’est dire si l’on appréhendait cette suite, Le Temple des morts, après un premier volet qui avait bien su diviser (à raison), entre visuels anachroniques et écriture déchirée entre l’épique sensible et le grand n’importe quoi.

Oubliez donc les infectés, ici réduits à portion congrue, et say hello aux Jimmy’s, gang de satanistes à perruques empruntant (inexplicablement) leurs codes vestimentaires à Jimmy Savile, célébrité britannique infernale bien connue pour ses exactions pédocriminelles. Attrapant au col les petites âmes perdues dans la lande, leur leader, Sir Jimmy Crystal, en profite pour bâtir son propre culte au nom du Malin, excuse bien trouvée pour buter absolument tout le monde sur son chemin.

À peine sorti de Sinners, où il incarnait déjà un simili Lucifer onctueux adepte de la gigue, Jack O’Connell s’éclate dans ce rôle de bad guy pourri jusqu’à la moelle, offrant au film des débordements sadiques assez inattendus (dont une échappée très torture porn dans une grange). Épisode quelque peu condamné à faire le petit pont, ce second volet n’offre guère plus de personnages ni de nouveaux décors, se brimbalant entre le petit Spike, pris au piège avec le groupe de psychopathes, et l’amitié improbable entre le Dr Kelson et Samson, l’Alpha terrifiant croisé dans le précédent opus (ici toujours plus iconisé, pour le plus grand bonheur des monsters fuckers).

Bien que délestée des expérimentations graphiques discutables de Boyle, l’écriture inégale d’Alex Garland demeure : le personnage de Fiennes, quand il n’use pas son disque de Duran Duran (on le comprend) ou ne se tape pas un bœuf sur Iron Maiden (séquence très fun, tout de même), épuise son stock de drogue pour pouvoir taper la discute avec l’infecté le plus dangereux du coin, et pourquoi pas claquer avec lui quelques pas de danse !

Difficile de rester également sérieux quant à la probable issue face au virus, traitée à coups de deux ou trois pilules dans le gosier. De son côté, Nia DaCosta prouve une fois de plus qu’elle peut tenir une sacrée commande sur les épaules ; on lui souhaite néanmoins de continuer à voler de ses propres ailes, ce qu’elle a commencé à faire l’année dernière avec Hedda. Reste à savoir comment la conclusion de la trilogie, revenant une nouvelle fois à Boyle, retombera sur ses pattes après tout ça…

14 janvier 2026 en salle | 1h 50min | Epouvante-horreur
De Nia DaCosta | Par Alex Garland
Avec Ralph Fiennes, Jack O’Connell, Alfie Williams
Titre original 28 Years Later: The Bone Temple

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