Le journaliste PHILIPPE AZOURY donne 10 tubes chaos à écouter à la plage (c’est de saison).
Sunday – The Apryl Fool (1969)
Et doucement s’écoulent les jours de la semaine.
Haruomi Hosono est l’autre génie du Yellow Magic Orchestra (lequel n’était pas la seule créature de Sakamoto). La réhabilitation soudaine de Hosono est une des bonnes nouvelles de la hype : Light In The Attic s’apprête à sortir en août quatre albums vinyls qui traverseront pour la première fois l’archipel du Japon (dont l’hallucinant Omni Sight Seeing, un album techno de… 1989, avec Amina!). On n’est toutefois pas au bout de nos peines : Hosono-San fait des disques dans tous les sens depuis cinquante ans, il va donc nous falloir plus d’un été pour épuiser le sujet. Alors commençons par le commencement : The Apryl Fool, son premier groupe, en 1969.
C’est dimanche, donne moi la main, descendons voir la mer.
Friday Morning – Khruangbin (2018)
Des hippies texans faisant allégeance au rock psyché Thai. Plus laidback, tu meurs. Musique par des gens qui n’en ont plus rien à foutre à destination de gens qui ont décidé de n’en avoir plus rien à foutre.
Sah – Al Massrieen (1978)
De la disco égyptienne par des amis intimes de Naghib Mafouz. Réédité (en toute petite quantité) sur Habibi Funk.
One for Kenny – Idjut Boys (2012)
Le mix des Idjut Boys dans le cabanon de la Cocktail d’Amore de juillet aura été mon plus beau moment (musical) de l’été 2017. Ce dimanche après-midi là, c’était le baléarique, mais réinventé comme on rave, à Berlin, par deux vieux anglais idoles mixant pour huit cent créatures heureuses. Ici, toute la décontraction Idjut sur un maxi OKLM de 2012 : Quand vous entendrez le piano entrer à 3’30 », vous comprendrez ce qu’est une montée d’extase.
Welcome Aboard – Love Unlimited Orchestra (1981)
En 1981, la disco est en train de couler mais la Croisière s’amuse. Elle avale des bonbons.
Paraiso 89 – Azura (2017)
Alors donc non, désolé, je ne suis pas Azura, l’auteur de ce morceau surgi de nulle part début novembre. Majorca ou Menorca?
Who Me – Laps (2017)
« Qui moi? Je suis la Reine, je suis forte, ça s’est certaine, délicieux comme des bonbons… comme des bonbons… comme des bonbons… » C’est pas un morceau, ce truc, c’est un manifeste queer.
Simply Just a Ventage – Incogdo (1992)
Simple comme un plan cul : Carl Craig, Kenny Larkin et Derrick May font tourner un sample jusqu’à l’orgasme. Un classique horny des after plus si secrètes du numéro ** de la Glogauerstrasse.
Guap – Yaeji (2017)
Petite star millennial, péché mignon, tube nécessaire. « In the shadows, life is just a game ».
The Age of Love (Jam & Spoon Watch Out For Stella Mix) – Age of Love (1992)
« Come on dance with me, move your body and lots of beats. »
Il ne manque que ce track dans la scène de la boite de Mektoub, my love. Par ailleurs, la boite en question s’appelait le Must (elle s’appelle désormais le One), son physio se nommait Ludo Guardia (un ancien boxeur) et j’y ai passé toute mon adolescence (de merde).
Die Kosmischen Kuriere – 3MB feat Magic Juan Atkins (1992)
L’axe Berlin/Detroit tel qu’il s’est inventé sur une poignée de morceaux, en 1992. Et moi, je pleure à chaque fois.
Interzone – Psychic TV (1986)
1986, Genesis P. Orridge s’essaye à l’italo disco malsain. Glissement progressif du plaisir. A Tanger, dans l’Interzone, personne – pas même le vieux Bill – ne vous entend crier.
Baby Milk Snatcher (12″ version) – A.R. Kane (1988)
Un grand bain lactal. A.R Kane n’a jamais ressemblé qu’à A.R. Kane. Ce groupe aura été une anomalie jusqu’au bout.
Save me – Boy Harsher (2016)
…Hey, tu te souviens de la fois où tu as voulu écouter la BO de Top Gun sous Kéta?
(groupe de l’année, par ailleurs)
Driftwood – The Wailers (1959)
On a fini par rejoindre les autres sur le sable. L’eau était limpide et à la radio il passait un des plus beaux morceaux du monde.

