Après la grogne des théâtres, celle des cinémas. Une vingtaine d’entre eux prévoient de «montrer des films» au public, en France, ce week-end. Une «action symbolique» pour protester contre la fermeture des salles en raison de la crise sanitaire, ont annoncé deux associations professionnelles ce jeudi 11 mars.
Les salles de cinéma ont fermé pour la première fois il y a un an. Elles ont rouvert seulement entre les deux confinements et cumulent au total plus de 240 jours de fermeture, rappellent le Groupement national des cinémas de recherche (GNCR) et l’Acid (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion). «On est tous fatigués de vivre avec des ersatz (de culture), il y a cette lassitude, cette tristesse, ce manque» de salles de cinéma, assure le réalisateur Clément Schneider, co-président de l’Acid. Les actions de ce week-end, «tout à fait complémentaires» des occupations de théâtre qui se multiplient en France, doivent permettre de dénoncer «le refus obstiné du gouvernement de rouvrir les lieux de culture», a-t-il ajouté. Ces actions, dont les détails sont tenus confidentiels, doivent être organisées «dans le respect le plus strict d’un protocole sanitaire largement éprouvé», ont précisé les organisateurs. De son côté, la Fédération nationale des cinémas français (FNCF) avait demandé en début de semaine à ses adhérents de se faire entendre à l’occasion du premier anniversaire de la fermeture des salles, entre la cérémonie des Césars vendredi et dimanche. «Le gouvernement dit vouloir ouvrir des discussions en vue d’une réouverture progressive mais rien n’est confirmé ni concrétisé (…) Les 15.000 salariés de l’exploitation ne peuvent plus exercer leur activité», rappelait la Fédération dans un message aux exploitants. «Entre le 22 juin et le 30 octobre (2020), 27 millions d’entrées ont été réalisées en France sans qu’aucun cluster ne se soit déclaré», rappelle la FNCF, qui souligne également que «300 à 400 films attendent la réouverture des salles pour sortir et que ce chiffre croît chaque semaine».

