Une dernière fois, le premier long métrage d’Olympe de G. et premier film pornérotique de Brigitte Lahaie depuis 1995, sort en Blu-ray chez LCJ Editions & Productions 🔞
Entouré d’un carré rose, le nom de Brigitte Lahaie (icône du X gaulois, muse de Jean Rollin, bonne fée des ondes) fait encore bondir. Dans Une dernière fois, sorte d’ultime adieu (ou de regard dans le rétro?) à son ancien métier d’actrice pornographique, elle décide de se dévoiler du haut de ses 64 ans devant la caméra d’Olympe de G, grande habituée des productions féministes et pornographiques d’Erika Lust. Rien de surprenant à cette alliance Brigitte/Olympe quand on voyait le Take me through the looking glass de cette dernière, dont le titre et l’esthétique néon avaient une saveur en bouche très 70’s. Mais Brigitte ne sera pas Brigitte. Elle est Salomé, une célibataire sexagénaire sans souci, toujours belle, qui passe une annonce dans le journal comme si on était en 1985: elle ne veut plus continuer dans sa vie, en a assez vu, assez fait, et veut jouir une dernière fois, chercher la petite mort avant la grande.
On pense bien sûr à Devil in Miss Jones, où Georgina Spelvin explorait les plaisirs terrestres avant de plonger en enfer. Mais Olympe de G préfère l’espoir au moribond. Les élus défilent alors dans l’appartement. Mot d’ordre: diversité, autant des corps que des peaux. Aucune scène ou aucun participant ne se ressemble, loin de la mécanique serrée du porno lambda. Tout est bien pensé (Arsene Laclos, habitué de sex podcast, fait jouir avec sa bouche et on y croise Francis Mischkind, ancien patron d’Alpha Blue et une star du straight-porn, Rico Simmons, ici queerisé), paradoxalement parfois trop: à l’image de la scène finale, où l’on quitte la caméra au poing, où l’on attend «les fusions d’enfer au paradis» comme le chantait Brigitte dans les années 80. Le sentiment d’abandon attendu reste alors sur la touche, même si on apprécie le geste. Ce qu’on aime par-dessus tout finalement, c’est quand Lahaie occupe l’espace, qu’elle parle de son corps et de ceux des autres, qu’elle se joue des attentes masculines, qu’elle s’observe elle-même (très belle scène de cuni et son revisionnage presque amer). Parfois, on se doute que ce n’est plus Salomé qui parle mais bien Brigitte, en particulier dans cette volonté de pudeur, comme avec ce refus de filmer son sexe en gros plan. On retrouve bien là le naturel désarmant, cette sensualité sans brusquer, qui fait bel et bien que Brigitte is always Brigitte. J.M.

