La reprise 25 ans après de Twin Peaks, aussi attendue que redoutée, a sidéré tout le monde. Non seulement Lynch n’avait rien perdu de sa puissance inventive, mais il en a poussé les possibilités dans des directions inouïes, réalisant un monument qui couronne, résume et définit toute son œuvre. On ne pouvait pas rêver meilleure façon de conclure mais à l’époque, on ne savait pas que ce serait son dernier chef-d’œuvre.

PRÉAMBULE PAR BERTRAND MANDICO
«Deux sosies de Lincoln apparaissent dans Twin Peaks: The Return de façon extrêmement évidente sous le signe du feu: Le «Fireman», géant à la mâchoire carrée (comme une barbe), reprenant la célèbre pose du Lincoln statufié dans son fauteuil. Et le trappeur au visage noirci, arborant le collier de barbe touffu, quémandant du feu d’une voix rocailleuse, avant d’enfoncer ses doigts dans les crânes innocents. Ce sont les fondations d’une Amérique schizophrène que David Lynch convoque finalement, celles d’une nation néfaste se rêvant pure… Cette présence des deux Lincoln donne une dimension mythique et historique à la série. Et l’agent Dale Cooper peut nous apparaître désormais comme un fils de Lincoln, missionné pour recoller la faille ouverte par la bombe.» B.M.

Première apparition de Cooper
Les deux premiers épisodes de la saison 3 sont remplis de moments forts, correspondant aux premières apparitions de personnages attendus ou non. Celle de Cooper dans le cube de verre à New York est stupéfiante, après une mise en place qui ne l’est pas moins. Presque aussi frappante, mais dans un autre registre, est la première apparition du mauvais Cooper, à un moment où il désarme un garde d’un geste précis, prouvant par là ses liens avec le vrai agent du FBI dont il a vraisemblement hérité les capacités. Dans un épisode à venir, on retrouvera chez Dougie, un autre tulpa de Cooper, les mêmes réflexes fulgurants à l’occasion d’une attaque par le tueur Ike the spike. G.D.

« Listen to the sounds »
Le Géant (qui s’appelle désormais The Fireman) envoie Dale Cooper, enfermé depuis 25 ans dans la Black Lodge, à la recherche de son double maléfique – Episode 01. Tel son modèle, Alfred Hitchcock, David Lynch est un véritable fétichiste des objets. Les filmer en plan rapproché ou gros plan, leur donne une dimension autre que la simple fonctionnalité: ils acquièrent une âme. Cela a très certainement à voir aussi avec les talents de plasticien du maître. Dès les premières secondes de sa saison 3, il filme ce phonographe épuré que le Fireman indique à Dale Cooper, en lui précisant d’écouter les sons. Il n’en sortira que des grésillements électriques. Certains – les détracteurs – y avaient vu au départ un caprice Lynchien, une envie de paraître bizarre. Pourtant, le message du Fireman est l’une des clefs de compréhension de la saison 3. L’impressionnant travail sonore dirigé par Lynch Himself et accompagné de Dean Hurley, fait de bruits et d’ambiances parfois subtiles, d’autres fois extrêmes, est une œuvre dans l’œuvre dans laquelle circulent tout un tas d’informations qui font finalement sens. Cooper lui même n’a visiblement pas accordé toute son importance à ces sons, lui qui semblait pourtant plein d’assurance. Et l’image du singulier phonographe nous revient en tête, comme un appel à nous replonger dans sa béance, afin de reprendre à zéro cette odyssée et de peut-être conjurer le malheureux sort de Cooper and co. M.B.

« The evolution of the arm »
C’est quand Dale entame son odyssée à travers la Black Lodge. Mike lui présente le bras, le mythique homme venu d’ailleurs (Michael J. Anderson), sous une forme évoluée – Episode 02. Premier high kick esthétique de Lynch-sensei qui introduit une création plastique folle dans l’univers déjà barré de Twin Peaks. Plutôt que de faire revenir le nain le plus classe de l’histoire du cinéma, il choisit de le faire remplacer par une chimère qui parle elle aussi à l’envers, semblable à une tumeur posée sur un arbre qui fait des éclairs. Non Twin Peaks The Return n’est plus une série, ni même un film, c’est une œuvre d’art totale. M.B.

« It’s in our house now »
Lynch nous donne des nouvelles de Sarah Palmer, et vingt-cinq ans après le meurtre de sa fille commis par son mari (certes possédé par Bob), ça n’a pas l’air d’aller mieux, au contraire – Episode 02.
Toutes les scènes où apparaissent Grace Zabriskie, a.k.a. Sarah Palmer, font office du meilleur des films d’horreur. Si son jeu est particulièrement flippant, il faut dire que Lynch le met brillamment en scène. En témoigne la première réapparition du personnage dans cette saison 3. Sur un écran de télévision, un documentaire animalier sauvage et violent où des fauves tuent et dévorent une proie. Le son est assourdissant mais en contre-champ, Sarah Palmer, fumant sa cigarette, est impassible. Les trois miroirs au-dessus d’elle réfléchissent la scène d’horreur. La maison des Palmer, autrefois lieu d’une famille aimante et unie, est aujourd’hui l’antre du mal absolu. M.B.

La rencontre avec la femme sans yeux
Le début du troisième épisode de Twin Peaks: The Return confirme que David Lynch est encore en phase avec les sources d’inspiration de tous ses films. Cette séquence en particulier remonte aux expérimentations d’Eraserhead. La suite confirmera que Lynch opère avec la série une synthèse de tout ce qu’il a fait de mieux. G.D.

The Purple Sea
Dans l’épisode 3, on découvre la mer pourpre du point de vue de Dale, du haut d’un balcon impossible. Avec un pauvre petit filtre de rien du tout, Lynch réussissait à invoquer un mystère, un songe, juste avec cet océan irréel à perte de vue. Dans l’épisode 8, il ne se contente plus d’une simple force d’évocation mais filme ce lieu de nulle part le temps d’un travelling affolant, qui pourrait bien ne jamais se terminer. La Black Lodge s’est agrandie, et nous a fait définitivement basculer dans un monde dont on était loin d’imaginer la grandeur. Et c’est vertigineux. J.M.

Dougie-style
Dale revient en Dougie Jones, tulpa/double manufacturé par Mr. C pour l’empêcher de reprendre sa véritable place. Amnésique et doué d’une intelligence en apparence limitée, Dale se doit de partir travailler dans la compagnie d’assurance de Dougie. Mais son habillage et le petit déjeuner ne se passe pas comme prévu – Episode 04. Dougie Jones est une oeuvre d’art à lui tout seul, avant d’être un personnage de fiction. Mi-demeuré mi-génie, coincé dans sa chemise verte trop large et sa cravate attachée sur la tête, il réenchante le monde désolé et glauque qu’est devenu Twin Peaks (miroir de notre société, au passage). Kyle Maclachlan qui ne joue pas moins de quatre rôles différents dans cette saison 3 (chapeau bas!), invente peut être la grande figure du burlesque de ce XXIe siècle. M.B.

Faire revenir les morts I
Mr. C, le double maléfique de Dale, se fait arrêter et enfermer dans une prison du Dakota du sud. Lorsqu’il se regarde dans le miroir, un morphing détonnant remplace son visage par celui du diabolique Bob – Episode 05. En s’attelant, ving-cinq ans après, à la réalisation d’une troisième saison de Twin Peaks, le grand problème auquel devait se confronter Lynch était évidemment de faire sans certains protagonistes, du fait du décès de leurs interprètes. Ils hantent Twin Peaks The Return, qui leur rend hommage, à sa manière, en les faisant réapparaitre l’espace de quelques scènes par des trucages saisissants. Le retour de Bob est génial, autant techniquement que symboliquement. D’abord par la simplicité de son procédé, un morphing, qui fait mal à Justice League et son effacement douteux de la moustache d’Henry Cavill. M.B.

Mad World
Une scène inoubliable, d’une tristesse inconsolable. Quand Richard Horne – toujours cette ordure – conduit son pick up comme un fou dans la ville de Twin Peaks et écrase un petit enfant qui traversait un passage piéton alors qu’il jouait avec sa mère. Harry Dean Stanton/Carl, alors qu’il paraissait attendre tranquillement sa propre mort au milieu d’un parc, assiste médusé à une scène d’atroce violence. Une femme – jouée par la Donna Hayward de Fire Walk With Me – inconsolable pleure la mort de son fils. Il s’approche d’elle et lui offre son soutien. Leurs regards se croisent et Stanton ne peut lui offrir qu’un peu de compassion. M.B.

Faire revenir les morts 2
Quand Mr. C se rend au Convenience Store où vivent les flippant Woodsmen, et fait enfin face à Phillip Jeffries. Comment Lynch allait-il faire revenir David Bowie sous le personnage qu’il a autrefois incarné dans une toute petite scène, certes marquante, de Fire Walk With Me? Le Dieu de la Pop avait-il eu le temps d’offrir son corps une dernière fois à la caméra du cinéaste ?
Hélas, non. Ou plutôt tant mieux. Avec la triste mort de l’autre David, Lynch s’est creusé la tête et lui a rendu un hommage aussi abstrait que poétique. Phillip Jeffries s’est en fait mué en une obscure et fantastique théière qui réside au fond du motel le plus flippant ever, et qui prononce des phrases aussi cruciales que surréalistes, ainsi que des messages codés par la fumée qu’il dégage.
Jeffries est évidemment une référence Lynchienne à Absolem, la chenille psychédélique d’Alice aux pays des merveilles. Faire se rencontrer Bowie, Lynch et Caroll en une scène aura produit l’un des moments so chaos de cette année cinématographique. M.B.

Trouble/No smoking
Au cours de la saison 3, David Lynch et Mark Frost nous ont habitués à conclure chaque épisode par un concert au roadhouse agrémenté d’une scène utile ou non pour la suite de l’histoire. Ma séquence préférée est celle où Trouble chante Snake eyes, tandis que Richard Horne fait tout son possible pour se placer dans le peloton de tête des personnages les plus odieux de la série. G.D.

La nuit des hobos-vivants
Quand la légiste appelle à la morgue l’armée après avoir identifié le corps décapité comme étant celui du Major Briggs. Depuis Mulholland Drive, Lynch a su pointer l’horreur ultime de la classe moyenne américaine et de tout l’American Dream, ceux qui ont « échoué », les sans-abris, les clochards, qu’on appellera « Hobos ». Dans Twin Peaks The Return, ils font leur grand retour, et se présentent en nombre, sous le nom plus flatteur de Woodsmen. Tout puissant, ils paraissent pouvoir aller n’importe où, faisant fi des limites physiques, et sont capables de figer et tuer n’importe qui. Ils sont d’autant plus effrayants qu’ils se déplacent très lentement, sans se presser, en arrière plan telles des silhouettes noires, à l’image des zombies de George Romero et auquel Lynch offre, malgré lui, un bel hommage. M.B.

Fucking Diane
Twin Peaks a toujours été drôle, malgré toutes les horreurs qui s’y déroulent, et il n’y avait aucune raison que ça change. Et même, fatalement, quand on ne s’y attend pas. Lorsque Lynch révèle la très mystérieuse Diane, dont on se demandait jusqu’au bout si elle était bien réelle ou pas, il en fait une icône glamour et fucked up qui emmerde tout ce qui l’entoure. Au bout de ses innombrables fuck, il y a ce mythique passage à la morgue où, isolée aussi visuellement que physiquement, elle tente de s’en griller une et brise la routine cintrée du FBI. Une envie d’envoyer bouler contagieuse et irrésistible. Queen Diane. J.M.

Le bûcheron poète de l’épisode 8
Avec sa face noircie, ses questions anodines et ses poèmes incompréhensibles qui résonnent comme des menaces, il est l’une des figures les plus dérangeantes de la série. Mais l’épisode en lui-même pourrait faire l’objet d’une étude en profondeur. Esthétiquement sublime, c’est une sorte de milieu (ou de centre de gravité décalé) qui fait basculer la série dans sa seconde partie, avec sa cascade de révélations. D’ailleurs c’est au milieu de l’épisode qu’a lieu le concert habituellement programmé avant le générique de fin, et il est consacré à Nine Inch nails, qui joue en intégralité She’s gone away. G.D.

Man’s world
Ça apparaît quand le Woodsman sosie de Lincoln termine son incantation et que l’insecte-grenouille issu de la bombe atomique pénètre dans la bouche et à l’insu de la jeune américaine qui rentrait du bal. Ça fait 40 ans que Lynch filme toujours les mêmes horreurs: des femmes qui se font brutalisées, abusées ou violées par des hommes. On commence à peine à se rendre compte de la valeur politique et féministe de son cinéma, notamment à la lumière du scandale qui a touché Hollywood en septembre 2017, l’affaire Weinstein, et toutes les révélations qui ont suivi. Tout le monde se l’accorde, nous sommes peut être enfin au début d’une révolution nécessaire. Vive Twin Peaks, vive Lynch et surtout vive les femmes! M.B.

Stranger in the night
Les Woodsman sont sans doute l’invention la plus effrayante de Lynch de cette saison, peut-être autant que le clochard de Mulholland Drive ou que le démoniaque Bob. Il y a évidemment la scène de la station service, qui vous court-circuite le cerveau en un éclair, mais il y a surtout ces plans dans ce désert de série b des années 50, soudainement envahi de figures sombres et décharnées. Un désert de gris, de vide, soudainement corrompu par des choses venues d’ailleurs. Lynch insinue l’effroi dans nos cerveaux avec trois fois rien. J.M.

Le moment Louboutin
Interrompu par Albert qui a un message important à lui communiquer, Gordon Cole doit prendre momentanément congé de son accorte compagne française, laquelle se rajuste avec une lenteur calculée et des gestes exagérés avant de s’éclipser. Ce moment fétichiste est aussitôt suivi d’un gag typiquement lynchien: Cole raconte une histoire drôle à double détente, dont la chute est un calembour navrant qui joue sur les mots turnip et turn up. Puis, s’adressant à Albert: elle n’a pas compris non plus, parce que c’est intraduisible en français! Avec le recul, ça me fait encore hurler de rire. G.D.

We’re late!
La conductrice folle de rage dans l’embouteillage avec l’enfant catatonique qui vomit. Il y a beaucoup de moments gratuits comme celui-là: ils n’ont pas d’utilité narrative, et ne sont pas suivis d’effet. G.D.

Hello Johnny, how are you today?
Quand Richard Horne, le fils de Audrey et Dale/Mr. C débarque chez sa grand-mère, l’agresse elle et son fils handicapé, Johnny, complètement hypnotisé par Teddy Bear made in Lynchland – Episode 09.
Si on trouvait déjà que cette saison 3 de Twin Peaks avait un léger goût de Dumbland (cette satire Lynchienne animée et absurde de l’Amérique), la présence de ce Teddy Bear totalement creepy fait carrément dans l’autocitation. Car au lieu d’une tête d’ours, Lynch lui a collé un globe en plastique à l’effigie de l’anti-héros de sa création culte. La scène qui lui est dédiée aurait d’ailleurs pu en être tirée: mélange de violence, d’expérimentation visuelle et sonore cauchemardesque et politique. M.B.


Les chers disparus
La mort est très présente dans cette saison 3, et David Lynch, très conscient du temps qui passe, a fait le plein de tous ses anciens interprètes disponibles. Certains étaient déjà morts, comme David Bowie, remplacé par une image de cafetière indus-futuriste. D’autres partiront à leur tour. L’apparition de Harry Dean Stanton est certes particulièrement touchante, mais il y a aussi celle de Catherine Coulson, la femme à la bûche, que Lynch a littéralement filmée en train de mourir, prononçant des paroles inoubliables: « Je sais que c’est un passage, pas une fin, mais j’ai quand même un peu peur de devoir lâcher ». G.D.

Le moment gentil
Lorsqu’il s’agit de cerner les caractéristiques Lynchiennes, dont la saison 3 dresse un catalogue exhaustif, on cite spontanément la noirceur, le surréalisme, l’étrangeté, la violence, mais on a tendance à oublier un registre qui a pourtant illuminé un film entier (Une histoire vraie), c’est la bienveillance. Ici, Lynch en gratifie généreusement les personnages qu’il affectionne, comme Laura Palmer ou Janey-E et Sonny Jim. Mais cette sensibilité culmine avec la réunion de Big Ed et Norma, soulignée par I’ve been loving you too long de Otis Reading. G.D.

Prendre son temps
David Lynch ne fait rien de façon conventionnelle, mais il a un sens de la musique et du timing sans défaut. Et souvent, il nous livre des séquences dont la durée paraît inhabituellement longue, mais qui, tout bien réfléchi, ne fonctionneraient pas autrement. Un des plus beaux exemples en est la séquence de balayage du plancher sur l’air de Green onions. S’il faut lui donner du sens, on peut hasarder que c’est une façon de nous inciter à rassembler ce qui est dispersé et fixer notre attention sur ce qui est au centre. G.D.

Au bout de la nuit
Lynch a toujours bien filmé la route la nuit, mais elle n’a jamais été aussi belle et inquiétante que lors du voyage de Carrie Page avec Dale Cooper vers Twin peaks dans le dernier épisode. G.D.

Plan fantôme
À la fin de l’affrontement de l’épisode 17, où Bob est enfin vaincu à coup de gant mapa, il y a cette idée folle voyant un plan du visage de Dale s’imprimer sur l’image. On croit d’abord à une surimpression plus lente qu’à l’accoutumée, et puis on se rend compte que Lynch a préféré parasiter l’image avec ce glitch, ce tampon obsédant qui ne disparaîtra que quelques scènes plus tard. Étrange et obsédant. J.M.

Hurleuse
Laura Palmer a très souvent pleuré. Mais elle a aussi beaucoup hurlé. À ce stade, on tient presque une signature du personnage, donnant parfois l’impression que Sheryl Lee semble habitée d’une transe qui se passe de commentaires. Lorsque l’on retrouve (plus ou moins) cette figure inquiète, mythique et fêlée rejoindre enfin Dale Cooper, on attend. On attend sur cette longue route, dans cette voiture, dans ces regards qui se dérobent. On attend devant cette maison. Et puis cette question sans réponse, puis soudain ce petit son surgit des ténèbres qui fera tout exploser. On peut reprocher peut-être à Lynch d’ouvrir une nouvelle porte, mais on peut apprendre à apprécier également cette espèce de pied de nez final, ce sabotage chaos qui nous susurre qu’il est si difficile de revenir au passé. À la fin de Fire Walks with me, on était comme Laura, entre la larme et les rires, dans un soulagement dantesque et atroce. Et là, on a sans doute envie de pousser ce même cri qui déchire la nuit. J.M.



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