[TOKYO PARANORMAL] Montmayeur chasse les fantômes nippons

A l’occasion de l’exposition Enfers et fantômes d’Asie, le réalisateur Yves Montmayeur et le journaliste Stephane du Mesnildot (par ailleurs, conseiller pour le cinéma sur la même expo) ont réalisé pour Arte Creative ce programme de 50 minutes coupé en dix parties, comme dix stations horrifiques de ce train fantôme nommé Japon.

PAR MORGAN BIZET

Du théâtre kabuki aux mangas, en passant par l’estampe et le 7ème art, Tokyo Paranormal offre une vue d’ensemble passionnante sur cet univers parallèle aussi fascinant qu’effrayant. Interviennent à chaque épisode quelques invités de marque comme le grand Kazuo Umezu (le Tezuka du «manga d’horreur») ou encore les maîtres de la J-horror Hideo Nakata (Ring), Takashi Shimizu (Ju-On) et Kiyoshi Kurosawa (Kaïro). On y découvre entre autres – ou redécouvre, c’est selon – Fuyuko Matsui qui fait revivre l’estampe infernale de l’ancien Japon et Akaji Maro danseur de cet art diabolique qu’est le butô, accompagné de sa troupe aux yeux révulsés et aux mimiques de possédés.

Accompagnée d’une bande-son originale signée Yôko Higashi, la voix d’Yves Montmayeur agrémente ces épisodes de contes ou légendes urbaines glaçants. Oïwa, mère des fantômes japonais, Yuki Onna, la femme des neiges (qu’on retrouve dans l’un des segments du magnifique Kwaïdan de Masaki Kobayashi), Teke-Teke, jeune fille découpée en deux qui sévit dans les rues nocturnes de Tokyo, Aokigahara forêt des suicides au pied du Mont Fuji. Si cette perpétuelle atmosphère d’effroi nous glace le sang, on est impressionné par la manière dont la population japonaise semble s’y être accommodée, et ceci depuis des temps immémoriaux.

Le documentaire restitue parfaitement cet irrésistible envoûtement que semble exercer le paranormal sur les habitants de l’Archipel. A travers sa forme, ses intervenants et ses thématiques forcément exclusives mais traitées de manière aussi pointue que ludique, Tokyo Paranormal constitue donc un portrait riche et saisissant du Japon. Un pays dont on peut difficilement aborder l’histoire et la culture sans mettre en lumière ce monde des morts qui depuis toujours coexiste avec celui des vivants.

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