Le successful Youtubeur fitness a formulé une demande pressante début janvier sur le cinématographe via son compte Twitter: « Je m’endors devant TOUS les films chaque soir sans exception! Impossible pour moi de rester éveillé en vrai. Je vous défis donc de me donner un film devant lequel je ne vais PAS m’endormir. Go! » Go Chaos!
À quoi servent les conférences de rédaction? À poser des questions collectives pour obtenir des réponses qui le sont autant. On a ainsi posé la question Tibo InShape aux uns et aux autres, celle des films les moins emmerdants de l’Histoire du cinéma pour les recommander à notre YouTubeur Fitness afin de lui laver les yeux et lui donner envie de rester les yeux ouverts devant un film. Donc des films anti-purge, anti-déprime, anti-tout. Du cinéma qui, sortons toutes les pincettes du conditionnel, devrait éblouir les mirettes éveillées de notre héros. Comme un régime, voici donc notre programmation idéale pour la semaine, loin de tout cinéma-pizza aux quatorze fromages qui (vous?) assomme.
Pour lundi, commençons le régime avec un simple et bon (au fond modeste) film de Béla Tarr, ce cinéaste Hongrois à qui l’on doit des films d’une durée raisonnablement délirante (Le tango du diable, ce chef-d’œuvre de 7h30!). Idéal pour ne pas roupiller après une séance d’haltères: Les Harmonies Werckmeister (2h25 seulement) dont le simple pitch devrait vous tenir debout: « On est en novembre et c’est déjà l’hiver, le brouillard se répand, plus épais que jamais, la lumière est glacée, brutale, irréelle, les rues couvertes de détritus, les immeubles délabrés, des vitrines ont été brisées ; plus de médecins, plus d’écoles, l’heure du Jugement dernier serait-elle arrivée? ».
Si pas convaincu par la Hongrie du lundi et son cinéma aux chevilles enflées, voici d’autres films pas du tout emmerdifiants qui vous feront découvrir le monde autrement que dans une salle de sport. Impossible de passer à côté du redoutable Nostalghia de Andrei Tarkovski, un film russe à voir le mardi (car le mardi, c’est Tarkovski!). Tibo se souviendra pour toujours dite de la scène de la bougie, la traversée effectuée par un homme d’un bassin asséché, en tenant à la main une bougie allumée pour sauver le monde du désenchantement. Pour mercredi, on recommande le Chinois Un grand voyage vers la nuit de Bi Gan (une expérience unique, pas du tout assommante et en 3D gadget, s’il vous plait) qui devrait vous éviter de vous précipiter sur une soupière de Lexo. Pour jeudi, la recommandation est évidente: le Turc Les Climats de Nuri Bildge Ceylan (du plan-séquence en veux-tu en voilà) que notre Valérie d’amour vous décrirait en ces termes: «Tout ce que je peux dire, c’est que ce n’est pas turc, que ça ne dure pas 3h20 et que ce n’est pas chiant.». Voyez!
Pour vendredi, lorgnez vers L’intrus de Claire Denis qui, question ennui, vous consolera de tout ce que vous avez connu par le passé en termes d’ennui. Et si vous avez envie d’une bonne comédie pour le week-end, oubliez les bonnes vieilles comédies américaines graveleuses, privilégiez plutôt les chefs-d’œuvre de sommités cathodiques bien de chez nous tels les redoutables Le jour et la nuit de Bernard-Henri Levy (samedi) et T’aime! de Patrick Sébastien (dimanche). Vous verrez: on y rit, à peu près du rire d’un condamné à mort à qui on annoncerait qu’il a le choix entre le curare et la chaise électrique. On espère vous avoir convaincu. A.V.
