Thomas Bangalter revient sur le film d’animation des Daft Punk (et parle de la fascination de Leiji Matsumoto pour Julien Duvivier)

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C’est le temps d’une interview menée par Augustin Trapenard dans le cadre du festival de la BD d’Angoulême où il était le président du jury, que Thomas Bangalter, ex-Daft Punk, est revenu sur le (superbe) film d’animation Interstella 5555 réalisé par Leiji Matsumoto, scellant ainsi la rencontre de la musique de Daft Punk et des images du créateur du dessin animé Albator, le corsaire de l’espace. Il s’agit d’une version animée de leur album Discovery, avec une trame rappelant Phantom of the paradise de Brian de Palma.

Trois ans avant sa conception, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, accompagnés de leur coscénariste et ami d’enfance Cédric Hervet, étaient partis au Japon rencontrer des sociétés d’animation, n’osant pas trop rêver de croiser Matsumoto: « Au début, il n’y a pas encore de mails pour communiquer avec lui, il fallait vraiment aller le voir », se souvient Thomas Bangalter. « J’ai fait pour la pré-production puis la production du film une quinzaine de voyages Paris-Tokyo. J’y allais toutes les six semaines (…) quelques voyages pour récupérer les dessins des personnages. Leiji Matsumoto était vraiment comme un personnage de Albator (…) j’ai vraiment l’impression que la raison pour laquelle il avait accepté de faire ce projet avec nous, c’est qu’il avait une vraie connexion avec la France, précisément un film de Julien Duvivier qui s’appelle Marianne de ma jeunesse avec Marianne Hold et Pierre Vaneck. Un film qui l’a profondément marqué et qui est devenu une obsession. Il nous en parlait beaucoup par l’intermédiaire de son traducteur. »

Réalisé en 1955, Marianne de ma jeunesse, qui pioche dans le romantisme allemand, avec ses forêts peuplées d’animaux enchantés et ses mystères d’un château maléfique où est séquestrée la belle Marianne, est une adaptation de Douloureuse Arcadie, roman de Peter de Mendelssohn, paru en 1932, une coproduction franco-allemande (et deux versions linguistiques!) qui avait été très mal reçu à sa sortie. Duvivier s’essayait alors au grand film romantique.

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