On peut saluer l’effort (ou la fuite ?) d’Osgood Perkins à vouloir enchaîner directement après son pénible Longlegs avec une mignardise horrifique qui en représente le total opposé. L’ambition y est pourtant doublement plaisante : il en profite également pour adapter une nouvelle de Stephen King qui a marqué son temps, en l’occurrence Le Singe (présent dans le recueil Brume), mais à laquelle personne n’avait jamais touché (du moins officiellement…). Le concept est tout taillé : un automate, ce fameux singe aux yeux fous armé de son tambour, provoque des morts atroces à chaque fois qu’il fait marcher son instrument. L’intrigue débute avec la découverte de l’objet de malheur par deux gosses, puis décolle 25 ans plus tard pour célébrer leurs funestes retrouvailles.
Les premières séquences, surprenantes, attestent d’un humour cartoonesque très éloigné du roi du Maine et plus proche, disons, de Joe Dante. Le singe iconisé, les enfants terribles, le petit côté comédie familiale piétinée : mais le film continue de changer de braquet, encore et encore, sabrant toute idée d’empathie et loupant presque ouvertement ses rares ouvertures dramatiques. Le gore n’y est jamais sérieux et les CGI creusent la distance ; l’humour, bizarrement absurde, finit par prendre le dessus avec une foule de personnages volontairement caricaturaux : l’agent immobilier fofolle, le débile chevelu, le méchant à mulet, le prêtre teubé incapable de mener un sermon… Et même Perkins lui-même apparaît en oncle partouzard à rouflaquettes ! Cette sensation curieuse d’un Destination Finale réalisé comme un sketch SNL pas drôle rend l’expérience assurément curieuse. Peut-être s’agit-il du film d’horreur mainstream le plus « autre » depuis Malignant ? Possible. Un bon film ? Pas certain…
19 février 2025 en salle | 1h 38min | Comédie, Epouvante-horreurDe Osgood Perkins | Par Osgood Perkins Avec Theo James, Elijah Wood, Tatiana Maslany |

19 février 2025 en salle | 1h 38min | Comédie, Epouvante-horreur