On est arrivé à mi-parcours de l’année 2023, et miracle, l’été pointe le bout de son nez. L’occasion de profiter du soleil, de la mer et de siroter des cocktails, mais aussi de dégager du temps libre pour rattraper l’une des meilleures productions vidéoludiques sortie lors des six premiers mois. Vous ne savez pas quoi choisir parmi l’océan de nouveautés que 2023 propose? Ne désespérez pas, on vous a concocté une sélection de 10 incontournables de la demi année écoulée, et garantie sans remake!

The Legend of Zelda : Tears of the Kingdom (Nintendo Switch)
Difficile de commencer cette sélection sans citer ce qui sera probablement le fameux GOTY de 2023 (le « Game Of The Year »), The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom. Une fois n’est pas coutume, Nintendo a réalisé une suite directe à Breath of the Wild, épisode sorti en 2017. De ce fait, ce Zelda reprend la plupart des ingrédients de son prédécesseur (monde ouvert, collecte de consommables, sanctuaires à explorer et quêtes annexes en pagaille), pour les transcender. Si on peut être frileux à l’idée d’explorer une seconde fois le royaume d’Hyrule, Hidemaro Fujibayashi et son équipe ont apporté suffisamment de bouleversement dans la carte du jeu pour procurer une sensation de redécouverte, en plus de proposer une zone aérienne et une zone souterraine – prouesse technique de faire tourner un tel jeu, presque sans ralentissement, sur la Nintendo Switch. Les nouveaux pouvoirs, plus orientés sur la construction d’objets ou de véhicules, rapprochent ce Zelda de Minecraft, et font du joueur moins un explorateur qu’un expérimentateur. Un chef d’œuvre.
Cassette Beasts (Nintendo Switch, Xbox, PC)
Vous êtes fan de Pokemon, mais en avez marre de jouer à des jeux buggés, graphiquement à la ramasse, et un peu trop enfantin? Cassette Beasts est fait pour vous. Ce Pokemon-like développé par le duo de Bytten Studio renoue avec la 2D des premiers épisodes de la saga multimillionnaire de Game Freaks. Au lieu de balles, le joueur capture des monstres dans des cassettes audios. Il s’agit de les enregistrer en combat, ce qui demande un certain temps, et donc de résister à la fois aux attaques des monstres sauvages, et de ne surtout pas les tuer. 120 monstres sont à collectionner au total, et certains confèrent des compétences directes au joueur, comme la faculté de planer. Mais la bonne idée de Cassette Beasts, c’est de faire progresser les monstres en même temps que le personnage. De fait, plus besoin d’entraîner ses monstres pendant des heures. Un gain de temps qui permet au joueur de se focaliser sur les autres qualités du jeu: sa BO, les liens à créer avec les personnages non jouables, son univers.
Hi-fi Rush (Xbox Series S/X, PC)
C’était la grosse surprise du début d’année. Sorti du jour au lendemain sur le Game Pass de Microsoft, le jeu a surpris tout le monde, en grande partie du fait qu’il s’agit d’une production Tango Gameworks, le studio de Shinji Mikami (dont ce sera le dernier jeu à la tête du studio), spécialisé dans les jeux horrifiques (The Evil Within, Ghostwire Tokyo). Hi-fi Rush est un beat them up musical qui demande au joueur une certaine adresse, il ne peut que attaquer en rythme, en se basant sur la bande-son. Chaque niveau à son propre univers et surtout son propre style musical, et on trouve en dehors des compositions maisons de Bethesda, des titres de Nine Inch Nails, The Black Keys ou encore The Prodigy dans la bande originale. Graphiquement dément, le jeu fournit des indices visuels au joueur, en plus de la musique, pour taper au bon moment – des coups qu’il peut améliorer grâce à une dimension RPG bien sentie. Et un jeu qui cite Twin Peaks (un chat noir qui fait la danse du « Man from another place ») est forcément un bon jeu.
Season: A Letter to the Future (Playstation, PC)
Chaque année depuis Journey en 2012 a son jeu d’errance eschatologique. 2023 ne déroge pas à la règle, et Season: A Letter to the Future a pour lui d’être une belle variation sur ce thème qu’on aurait cru éculé. Season est donc un jeu ouvert et contemplatif, qui propose d’arpenter une région à l’aube d’une destruction programmée à vélo. Le but du jeu? Partir à la rencontre des derniers habitants hauts en couleur de ce monde proche de la fin et en enregistrer une trace dans votre carnet de bord. Très peu d’enjeu dramatique dans Season, mais une balade pré-apocalyptique sereine et ludique, qui offre aux joueurs différents types de gameplay (photographies, enregistrement sonores, dessin).
Dordogne (Playstation, PC, Xbox et Nintendo Switch)
Peut-être que vous ne partirez pas en Dordogne cet été, mais ce n’est pas grave, le jeu développé par le studio français Un Je Ne Sais Quoi vous y emmènera. Dordogne, le bien nommé, plonge le joueur dans la peau de Mimi, une jeune femme de 32 ans qui vient tout juste de perdre sa grand-mère avec laquelle son père a coupé les ponts pour une raison inconnue. Après une série de pérérties la jeune femme se retrouve dans la maison familiale dans le sud de la France. Dordogne permet de reconstituer les souvenirs d’enfance de Mimi à travers l’exploration de la maison et de ses secrets, ainsi que la région. L’intérêt principal du jeu réside dans ses graphismes en aquarelle à tomber par terre, ainsi que sa bande son très « locale » (bruit de la nature et des cigales). Un jeu délicieusement proustien.
Street Fighter 6 (Playstation, Xbox, PC)
Et si au lieu de vous reposer, vous vous mettiez sur la tronche cet été? Pas de problème, le sixième opus de la franchise de jeux de combat la plus connue de l’histoire est là pour vous offrir une expérience des plus cathartiques. Après un épisode 5 qui en avait enragé plus d’un avec son système d’achat de contenu supplémentaire afin de rester compétitif, ce Street Fighter 6 fait figure de rédemption. Les DLC sont évidemment de la partie, mais le jeu de base est suffisamment riche et bien optimisé pour contenter les farouches opposants à cette pratique. Le jeu de Capcom est le nec plus ultra du jeu de combat, profitant d’un gameplay aux petits oignons, équilibré et pensé pour tous les publics, mais qui ne manque pas de profondeur et très axé sur l’offensive. De quoi tester vos compétences en ligne pour les plus courageux, ou bien vous perdre des heures durant dans le mode d’aventure en solo jubilatoire et loufoque, inspiré des jeux Yakuza. Profitant du moteur graphique du RE Engine (le moteur des Resident Evil), Street Fighter 6 est également l’un des plus beaux jeux de l’année, fort d’une direction artistique flamboyante et de charadesign (design des personnages) originaux. Une bombe.
Decarnation (Nintendo Switch, PC)
En développement depuis quelques années au sein du jeune studio Atelier QDB dont c’est le premier jeu, Decarnation est un jeu d’horreur psychologique en 2D et en pixel art. Une expérience narrative qui a ses exigences, car au fur et à mesure que le joueur plonge dans l’enfer mental de Gloria, danseuse de cabaret parisienne en proie au doute, il est amené à affronter des créatures difformes et des énigmes qui demandent une certaine adresse et un sens du rythme. Ode au body horror, mais également au cinéma de Lynch et de Satoshi Kon, Decarnation réinvente à sa manière, modeste et fauchée, le genre du survival horror. On ne saurait que vous conseiller d’y jouer si vous êtes amateur du genre, notamment de Silent Hill, dont Decarnation partage le même compositeur, la légende Akira Yamaoka.
Tchia (Playstation, PC)
Vous avez une Playstation ou un PC et regrettez de ne pas pouvoir poser vos mains sur The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom? Pas de panique, le studio bordelais Awaceb a pensé à vous avec Tchia. Tchia, c’est le nom de l’héroïne qui arpente sur son bateau un archipel inspiré de Nouvelle-Calédonie à la recherche de son père enlevé par une sorte de mage noir despote. Monde ouvert de taille modeste, mais joli à regarder, et surtout agréable à arpenter, à pied, à bateau, ou bien dans la peau d’un oiseau, d’une biche ou d’une… canette – Tchia a le pouvoir de se projeter dans des animaux ou des objets pour une durée limitée – le décor de Tchia est une belle alternative à l’immensité du royaume d’Hyrule. Un jeu plein d’amour qui vous fera découvrir la culture kanak de manière ludique et poétique.
Humanity (Playstation, Playstation VR 2, PC)
On a trouvé le jeu vidéo le plus barré de l’année. Humanity, la nouvelle production des virtuoses de tha LTD. (Rez, Rez Infinite, Tetris Effect), est une bizarrerie sans commune mesure. Le joueur incarne un shiba inu, chargé par une force supérieure de sauver l’humanité en la dirigeant à travers des puzzles complexes en trois dimensions. Sur fond d’une bande son qui évoque le travail de Philip Glass, Humanity vire très rapidement au délire pictural, avec ses masses de petites bonhommes colorés formant des colonnes ou des arabesques dans des décors brutalistes et hygiénistes. Jouable en VR pour les heureux acquéreurs d’un PSVR 2, le jeu propose une interface encore plus dynamique et fluide, avec le joueur dans la position d’une sorte de Dieu. Jouissif.
Harmony: The Fall of Reverie (Nintendo Switch, PS5, Xbox Series S/X, PC)
Devenu un des studios indépendants les plus en vogue suite à la sortie de pépites comme Life is Strange ou Tell Me Why, Don’t Nod (des français, encore!) fête ses 15 ans avec Harmony: The Fall of Reverie, visual novel luxueux. Polly, l’héroïne, est dotée d’un don de clairvoyance qui lui permet de voyager entre les mondes, dont Rêverie, un univers parallèle dans lequel résident les Aspirations, des divinités représentant les désirs humains. Polly, surnommée Harmonie, aura la lourde tâche au bout de son aventure de choisir l’Aspiration qui devra régner sur Rêverie et par conséquent influencer le comportement des humains. Le don de Polly se matérialise dans le jeu par un plateau arborescent où chaque sphère représente un avenir à influencer, qu’on visite, avant de le clore et de choisir la route à suivre. C’est ni plus ni moins qu’une réinvention du genre du visual novel qui nous est proposé, avec en prime un cachet artistique de haut niveau, des dialogues et des intéractions d’une rare richesse. M.B.
