Souvent cité comme le GOAT (le meilleur jeu de tous les temps), Ocarina Of Time est le Zelda le plus universellement acclamé. Car si A Link To The Past a posé les jalons de deux décennies de jeux Zelda, Ocarina Of Time est celui qui a réussi le passage de la série vers la 3D en transposant à merveille cette formule. Pensé au départ comme un chanbara, le fameux film de sabre japonais, Ocarina Of Time raccorde finalement les wagons du genre medieval fantasy mais en conservant toutefois un intérêt pour les joutes et acrobaties à l’épée proches des combats de samouraï. Il le doit à l’invention d’un procédé qui fera date dans l’histoire du jeu vidéo : le système de visée Z (le nom du bouton de la manette de la Nintendo 64) qui permet de verrouiller une cible et de centrer la caméra sur elle. 30 ans après, des jeux comme Elden Ring en font encore un savant usage.
Toutefois, ce qui ancre Ocarina Of Time dans la légende, c’est la manière dont tout Hyrule prend vie dans un environnement en 3D. Chaque zone a son identité visuelle et sonore (le score de Koji Kondo passé à la postérité) : les bois kokiris, la plaine centrale, le royaume Zora, le village Cocorico, la montagne Goron, le désert Gerudo et le château d’Hyrule. Et chaque zone se revisite deux fois, pendant l’adolescence de Link, et à l’âge adulte (en soulevant ou en plantant la Master Sword dans le Temple du Temps). Par ce voyage temporel, Hyrule passe de la féérie au cauchemar, et chaque joueur se souvient de ses premiers pas dans les ruelles du château d’Hyrule peuplé de zombies. Une mise en scène qui prouve toute la maîtrise de la 3D par les équipes de Shigeru Miyamoto, et qui fait de Ocarina Of Time le jeu le plus ambitieux du Nintendo de l’époque (voire le plus ambitieux toutes consoles confondues). Et même si Hyrule n’est pas si immense que ça, toute la philosophie de Miyamoto, qui fait du terrain de jeu un jardin à la japonaise, ou chaque chose est à son bon endroit et a une puissance symbolique, transcende l’expérience. Sans oublier les donjons parmi les plus mythiques de la série : l’arbre Mojo, les Temple de l’eau, de l’ombre, de l’esprit et de la forêt. Ou, pour terminer, Ganondorf, charismatique méchant qui trouve ici une matérialisation beaucoup plus marquante que le monstre à tête de cochon qu’il était par le passé.



