Si Tears Of The Kingdom améliore la formule de son prédécesseur, le choc de la découverte de Breath Of The Wild en 2017 reste, encore aujourd’hui, inégalé. Sorti au lancement de la Nintendo Switch, le jeu aura marqué de son empreinte cette génération de console en s’affirmant comme le premier blockbuster de Nintendo, capable de mettre à l’amende une décennie de jeu en monde ouvert sclérosés par les quêtes annexes inutiles, les points d’intérêts envahissants et une promesse de liberté bafouée. En piochant certes parmi la concurrence (Far Cry, Assassin’s Creed principalement), et en s’inspirant du modèle de jeux bac à sable qu’est Minecraft pour son système de collecte et de transformation de ressources et son moteur physique, Breath Of The Wild a surtout remis au goût du jour la philosophie de jeu initiale de The Legend Of Zelda, telle que Miyamoto l’avait conçue. Un jeu où l’exploration prime, où la curiosité du joueur est récompensée (sanctuaires, tours sheikas, villages, trésors…) et qui déploie sa narration de manière non linéaire, par l’environnement et certaines rencontres. Le retour de l’Aventure, avec un grand “A”.
Beaucoup de choses ont été reprochées au jeu, notamment son système de durabilité des armes, ses donjons simplifiés ou encore son monde vide et sa quête des noix Korogu (999 à trouver). Des choix qui font débat mais qui trouvent leur justification, comme la durabilité des armes qui incite à l’exploration ou encore la simplification des donjons compensée par des sanctuaires qui font la part belle aux épreuves (plus d’une centaine) tandis que le monde est rempli d’énigmes environnementales. Breath Of The Wild répond à la promesse de son titre : il retranscrit à merveille l’appel de l’aventure, le souffle de la nature. Une œuvre si déterminante qu’elle a constitué un nouveau mètre étalon pour le genre et le modèle du monde ouvert.



