[THE HOUSE OF YES] Mark Waters, 1997

0
1086

Richard Linklater, Greg Mottola, Hal Hartley, Julian Schnabel, Todd Verow, Gregg Araki… Le cinéma indé made in Sundance, Parker Posey l’a vu et revu. Avec ses traits de foldingue qui-ne-sait-rien-mais-dira-tout, cette démentielle actrice n’a définitivement pas atterri par hasard chez Ari Aster en princesse insauvable dans son Beau is Afraid (où elle monopolise sans problème une des séquences les plus marquantes). Parmi une des graines semées sur le chemin de la zinzinade, il serait bon de revenir dans les années 90 sur ce The House of Yes, qui pourrait bien appartenir au petit boom de la comédie noire américaine des années 90 (L’ultime Souper de Stacy Title, Happiness de Todd Solondz, Breakfast of Champions de Alan Rudolph, Belles à Mourir de Michael Patrick Jann…). Encore faut-il que le film soit une comédie, ce que vend de manière un peu trop décontractée l’affiche du film (la Parker rose-bonbon, un flingue à la main). Ce qu’on voit est bien plus déconcertant et ne déride pas juste les zygomatiques…

On doit la chose à ce labrador de Mark Waters, un yes-man bien connu du grand public pour avoir emballé les cucultes Freaky Friday en 2003 et Lolita malgré moi en 2004 avant d’en rester au faiseur purement utilitaire. Adapté d’une pièce de Wendy MacLeod qui pouvait également s’interpréter comme une libre variation de La chute de la maison Usher (le ton est donné), The House of Yes transpire d’un académisme bon teint à l’extérieur, pour mieux dissimuler quelques belles fondations malades au dedans.

Par une nuit de tempête, le trop parfait Marty présente sa serveuse de fiancée à sa famille, bourgeoise et pincée bien entendu. Et pas que… Alors que l’immense manoir gronde sous les assauts de l’orage, la prétendante ne cesse de se heurter à chaque membre de la famille, de la mère coupante (fantastique Genevieve Bujold!), au cadet mignon et un peu demeuré (Freddie Prinze Jr., exactement là où il doit être) et surtout, surtout la sœur de Marty, la bien nommée Jackie. Une créature instable et envahissante qui n’hésite pas à un seul instant à titiller son invitée là où il ne faut pas: son insistance maladive vis-à-vis de son frère ne présage, on le devine, rien de bon. Quant à son prénom, référence à une certaine Première dame, il renvoie à une marotte familiale bien rodée: l’obsession pour l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Méchante ambiance.

L’adorable Tori Spelling de la série Beverly Hills (dont le papa a aidé quelque peu à la production) colle très bien à l’image de cette blondinette paumée dans un univers sentant bon les draps propres et l’argenterie, mais renfermant en réalité un entre-soi bourgeois dégénéré. Folle de A à Z, Parker Posey donne tout en frangine déglinguée, prisonnière consentante d’un rituel incestueux et morbide. Jackie K de fortune, elle devient le joli reflet fêlé d’une Amérique engoncée dans ses tragédies perpétuelles. Mélo grinçant et thriller faussement amidonné, il est peut-être temps de dire oui à The House of Yes. J.M.

1h 25min / Comédie dramatique
De Mark Waters
Scn Mark Waters
Avec Parker Posey, Josh Hamilton, Tori Spelling

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici