« The Great Ecstasy Of Robert Carmichael »: tremblez, ce film le veut!

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A l’heure où en direct de Cannes nous rédigions notre article sur les scandales du festival, nous étions loin de nous douter qu’à quelques lieux du palais, dans la section Semaine de la critique, était présenté The Great Ecstasy of Robert Carmichael, de Thomas Clay. Tandis que d’aucuns crient déjà au nouveau Orange Mécanique – ce qui peut faire plaisir au réalisateur qui se considère comme un fan de Kubrick –, d’autres hurlent à l’abomination.

Cinéphile avide de films sulfureux et d’expériences extrêmes, réjouis-toi, ton nouveau joujou s’appelle The Great Ecstasy of Robert Carmichael, grand défouloir dans lequel l’incapacité de communiquer ses émotions est reine. Et pour le coup, tu risques de ne pas être déçu puisque le film n’est pas prêt de sortir au cinéma tellement il est abominable. Ceux qui savaient à quoi s’attendre n’ont pas eu de surprise : les rumeurs allèrent de très bon train sur ce premier film d’un jeune réalisateur anglais de 25 ans sur lequel planait une odeur de souffre (sa sélection cannoise fut paraît-il très disputée). Thomas Clay de son petit nom a effectivement réussi à faire pire que Funny Games en jouant les émules d’Haneke, en dépeignant le mal-être dans toute son horreur… Et, à bien des égards, son objet filmique défie toute explication critique lorsqu’il s’achève dans un cri de barbarie terrible – les spectateurs ayant assisté au massacre savent de quoi il en retourne.

Tourné en six semaines à Newhaven, port de la côte sud de l’Angleterre, le film s’intéresse à la vie morne de Robert, un ado shooté qui déteste ses camarades et vit seul avec sa mère. Quand il s’emmerde, il se masturbe en lisant Sade, joue du violoncelle, erre avec des potes dealers, s’adonne au racket et, petit à petit, descente aux enfers oblige, va s’attirer de graves ennuis. Les adolescents du film ont une passion mais ils sont très rapidement confrontés aux limites de leurs rêves et déchantent vite. Monde déshumanisé où vivre n’est plus possible, guerre ambiante montrée à travers un poste de télé, pagaille intérieure, vide existentiel… Le film prétend sonder la violence tacite de notre monde pour la faire exploser dans un final tétanisant. Pour beaucoup en tous cas, The Great Ecstasy of Robert Carmichael s’impose comme un film qui provoque la décharge électrique d’un Benny’s video (Michael Haneke, tiens donc) en son temps. C’est surtout un film particulièrement atroce…

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