Avec son troisième long-métrage, Gabriele Mainetti poursuit la veine entamée avec On l’appelle Jeeg robot et Freaks out, confirmant une grande maîtrise technique au service de genres populaires variés, mêlant action, romance, comédie, sans oublier une touche de commentaire social. Dans The Forbidden City, il rend hommage aux films d’arts martiaux hongkongais avec l’histoire d’une Chinoise à la recherche de sa sœur jumelle immigrée en Italie. Elle y affronte deux bandes mafieuses rivales, l’une romaine, l’autre chinoise, chacune opérant derrière la façade respectable d’un restaurant.
Dès le départ, les scènes d’action révèlent un niveau qui n’a rien à envier à ses modèles. L’actrice principale y est pour beaucoup, avec des capacités qui ne se limitent pas aux arts martiaux. Le scénario dévoile au compte-goutte les dessous d’une intrigue finalement simple tout en développant les personnages avec un humour corrosif et une bonne dose d’émotion au premier degré. Il dresse au passage un tableau lucide et contrasté du monde contemporain, Rome étant décrite comme une ville cosmopolite, irriguée par une forte immigration qui suscite des réactions variées.
Le cinéaste prend soin de ne pas caricaturer en décrivant un de ces personnages à la fois drôle et navrant qui évoque l’oncle réac dont on a vaguement honte, mais qu’on n’arrive pas à condamner parce qu’il fait partie de la famille. Le film a ouvert le festival en fanfare et laissé une impression durable puisqu’il a obtenu le prix du public.



