« Terrifier 3 », « Smile 2 », « Fario », « La montagne sacrée », « Carla et moi »… La sélection du vendredi

Du cinéma, du Blu-ray, du jeu vidéo, du 2.0… c’est la sélection chaos du vendredi par la rédaction. Si on devait vous proposer de découvrir notre dernier coup de foudre, ce serait celui-ci…


MORGAN BIZET: Terrifier 3 de Damien Leone (cinéma)
Si Damien Leone gagne en maîtrise formelle (les meurtres les plus «beaux» de la trilogie), il perd un peu l’étrangeté qui faisait la réussite du deuxième film (Le Magicien d’Oz meets Freddy Krueger). Reste le caractère atemporel et baroque de ce festival gore. Une expérience à découvrir évidemment au cinéma, d’autant plus qu’il y a de fortes chances que le film soit programmé près de chez vous vu son succès monstre.


LUCIE CHIQUER: Fario de Lucie Prost (cinéma, semaine pro)
Au clair de la lune, Léo patauge: dans le cours d’eau qui longe son village d’enfance, mais surtout, dans le deuil d’un père brutalement disparu. Insomniaque, sa dépression réduite au silence, le jeune homme occupe ses nuits à traquer les truites de sa rivière qu’il pense intoxiquées. En réalité, c’est son propre chagrin qu’il navigue, bottes aux pieds et lampe torche à la main. Il y a une pointe de merveilleux dans ce premier film de Lucie Prost: elle en irrigue les paysages, les routes, et les visages. Au cœur de cette campagne hors du temps, la réalisatrice ne précipite rien, comme pour mieux s’aventurer au gré du courant de cette rivière qu’elle filme si bien.


GÉRARD DELORME: La montagne sacrée d’Alejandro Jodorowsky (ressortie ciné)
À l’origine, Jodorowsky voulait adapter le roman inachevé de René Daumal Le mont analogue, mais faute de pouvoir en acquérir les droits, il en a écrit sa propre version en toute liberté. Un demi-siècle plus tard, le film n’a rien perdu de sa puissance symbolique, et chaque nouvelle vision inspire des interprétations insoupçonnées.


ROMAIN LE VERN: Smile 2 de Parker Finn (cinéma)
Parce que, avant The Substance, il faut voir cette suite de Smile qui, si elle surpasse le premier et fait largement l’affaire question film d’horreur entre réalité et cauchemar, se révèle aussi et surtout un grand film mental sur la solitude d’une popstar. Séquence mémorable avec des danseurs qui vaut à elle seule le déplacement.


JÉRÉMIE MARCHETTI: Golden Eighties de Chantal Akerman (ressortie ciné)
Comme pour contrer l’âpreté bien connue de son cinéma, Chantal Akerman s’essayait au marivaudage musical façon Jacques Demy. Les couleurs ont beau exploser dans cette galerie marchande des amours, tout le monde en ressort déçu. Seule chanteuse au casting, Lio est peut-être la seule à ne pas donner de la voix (!) alors que Delphine Seyrig livre une de ses dernières prestations en amoureuse déchue. Drôle de récréation douce-amère qui culmine dans une scène musicale en plein bac à shampoing, à l’énergie inoubliable («C’est une mauviette, un riquiqui/à l’aveuglette cocorico oh oh»).


THIBAULT RIVERA: Batman: City of Madness de Christian Ward (BD)
Lorsqu’en 1974, Dennis O’Neil introduisit l’Arkham Asylum dans l’univers de Batman, un hôpital psychiatrique à la dérive dont on ressort plus fou qu’on y est entré, l’hommage à Lovecraft s’arrêtait à un simple nom. Christian Ward propose dans son City of Madness de pousser l’idée un cran plus loin. En s’appuyant à la fois sur son livre de chevet Arkham Asylum: A Serious House on Serious Earth et sur le récent run de Scott Snyder The Court of Owls, l’auteur invente une Gotham d’en-bas, dans laquelle une société secrète a enfermé une menace venue d’un autre monde. S’il est bien question de tentacules, Waard a la bonne idée de ne pas se contenter d’adapter uniquement le pendant mythologique de l’univers lovecraftien, mais de s’appliquer également à dépeindre l’angoisse et la folie intime qui contamine ses protagonistes. C’est beau, original et prouve une fois de plus que le DC Black Label était une bien belle idée.


GAUTIER ROOS: Miséricorde de Alain Guiraudie + Carla et moi de Nathan Silver (cinéma)
Outre le nouveau film sous champi de Guiraudie, dont vous commencez à comprendre qu’on l’aime beaucoup, allez voir Carla et moi de Nathan Silver, comédie hal-ashbyesque qui sort mercredi prochain, mais dont la tournée d’avant-premières parisiennes – featuring Jason Schwartzman en personne – commence ces jours-ci.

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